A la Une
Réforme Territoriale / Décentralisation
Démocratie locale
02 mars 2017

Les président(e)s des métropoles actuelles et futures reçus par le Premier ministre

Sept mois après la signature du « Pacte Etat-métropoles », le 6 juillet 2016 à Lyon, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a reçu le 1er mars 2017 à l'Hôtel de Matignon, en présence de plusieurs membres de son gouvernement, les 15 président(e)s de métropoles ainsi que les 7 présidents des communautés ayant vocation à se transformer en métropoles en vertu de l'article 70 de la loi du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain (cf communiqué de presse : "Etat et métropoles : l'innovation au cœur du développement territorial").

Le Premier ministre s'est réjoui du fait que douze pactes aient, d'ores et déjà, été signés (les trois autres le seront d'ici à la fin du mois) et a insisté sur la consistance de leur contenus « illustrant tout à la fois la capacité d'innovation des territoires urbains, vitrines de l'excellence française sur la scène européenne et internationale et leur capacité à inscrire leur développement au bénéfice des espaces environnants » (dossier de presse).

Dès le début de la réunion il a confirmé son souhait que la démarche contractuelle puisse s'inscrire dans la durée et s'ouvre progressivement à l'ensemble des grandes agglomérations ; à cet égard, il a précisé qu'il conviendrait qu'en 2018 l'enveloppe de crédits d'Etat allouée aux pactes puisse évoluer de 150 à 221 M€, à due concurrence de l'augmentation du nombre de métropoles.


Après que la secrétaire d'Etat chargée des Collectivités territoriales, Estelle Grelier, ait rappelé que le législateur s'était attaché à ce que les métropoles puissent élaborer et mettre en œuvre leur propre stratégie économique, Bernard Cazeneuve a exprimé l'intérêt qu'il accordait à ce que les métropoles travaillent directement avec les différentes agences de l'Etat intervenant dans le domaine de l'attractivité internationale : « les métropoles doivent avoir recours aux services de Business France et Business France doit pouvoir s'appuyer sur les outils développés par les métropoles ».

Le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, a souligné que « le pays tout entier peut d'ores et déjà s'appuyer sur les métropoles pour bâtir des trajectoires de croissance ». En écho, le secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon, a rappelé que les deux déterminants majeurs des décisions d'implantation des entreprises internationales étaient, d'une part, la qualité des infrastructures urbaines, d'autre part le rayonnement universitaire : « l'intensification du marketing territorial doit être une priorité pour les métropoles ».

Jean-Luc Moudenc a insisté sur la pérennisation de la méthode de travail qui avait prévalu. A cet égard, l'annonce de la signature d'un partenariat entre le CGET et France urbaine sur la mise en place d'un "Observatoire des dynamiques métropolitaines et des coopérations interterritoriales" va permettre de suivre dans la durée la conjugaison des efforts des uns et des autres pour intensifier les relations entre territoires de proximité et ainsi démontrer en quoi le continuum des politiques publiques locales rend obsolète la dichotomie urbain/rural.

Il est revenu à la présidente de Nantes Métropole, maire de Nantes, Johanna Rolland, de préciser l'ambition qui anime l'ensemble des présidents de métropole en matière d'alliance des territoires : « c'est au travers de projets concrets associant grandes agglomérations et territoires moins denses que nous démontrons le caractère gagnant/gagnant de la coopération interterritoriale, et ainsi sortir des clichés et de la caricature dans lesquels se complaisent les trop nombreux nostalgiques de l'opposition stérile entre villes et campagnes », a-t-elle déclaré. Au nom des futures métropoles, Gael Perdriau, président de la communauté urbaine de Saint-Etienne Métropole, maire de Saint-Etienne et  François Rebsamen, président de la communauté urbaine du Grand Dijon, maire de Dijon, ont mis l’accent sur la responsabilité de l'espace métropolitain à l'égard de sa périphérie.

Le président de la Métropole de Lyon, sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, a opportunément rappelé que c'était là où il n'y avait pas de grandes agglomérations que les territoires souffraient économiquement le plus. Dans le contexte actuel de compétition économique internationale, le système gagnant est bien celui de « métropoles fortes dans des régions fortes » : les populations ne peuvent se permettent le luxe de voir les questions de préséance de telle ou telle collectivité nuire à l'efficacité de l'action publique en faveur du développement de l'emploi. Le président de la Métropole du Grand Nancy, André Rossinot, a, pour sa part, souligné le besoin de fluidité de l’administration en matière de coopération transfrontalière, tout en se félicitant d'avancées du Pacte : participation des présidents de métropoles à la conférence des ambassadeurs et association à la commission nationale de la coopération décentralisée.

S'étant vu confier par le Premier ministre la mission d'assurer la coordination interministérielle des différents chantiers du pacte, c'est tout naturellement que le ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, Jean-Michel Baylet, s'est livré à l'exercice de récapitulation des avancées législatives et règlementaires obtenues en application du pacte du 6 juillet 2016 (cf. dossier de presse). Il a également tenu à préciser que plusieurs chantiers demeuraient en cours et en réflexions ouvertes, il en est ainsi de la question du suffrage universel direct (dont le rapport du Gouvernement au parlement en application de l'article 54 de la loi MAPTAM a récemment été rendu public).

Plusieurs présidents de métropole ont manifesté leurs préoccupations sur plusieurs points précis, à l'image du président de Bordeaux Métropole, maire de Bordeaux, Alain Juppé, insistant sur le fait que s'agissant de l'acquis de l'attribution de compensation en investissement (article 148 de la loi de finances pour 2017), « il ne serait pas acceptable que l'administration dénature la volonté du législateur », ou du président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi, aux yeux duquel il est paradoxal qu'alors qu'existe un large consensus pour développer la coopération interterritoriale « les mécanismes de péréquation ne prennent aucunement en considération les moyens mis en œuvre par les métropoles pour renforcer la solidarité en leur sein et pénalisent les collectivités les plus engagées dans la réduction des inégalités de proximité ».

Le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc, au nom de l'ensemble de ses collègues, a exprimé les attentes des métropoles sur trois dossiers qui demeurent non aboutis : 

- l'élargissement aux projets structurants des autres grandes agglomérations des financements structurants mis en œuvre pour développer le Grand Paris Express ;

- l'élargissement du champ d'action territorial des sociétés publiques locales ;

- l'ouverture de la possibilité pour les métropoles de sortir de syndicats départementaux d'électrification, condition sine qua non pour leur permettre d'être pleinement des autorités organisatrices de l'énergie.

 

Lien vers les photos

Date: 
Jeudi, 2 mars, 2017