Guillaume Delbar, maire de Roubaix

Guillaume
Delbar
Maire de Roubaix

Dix mois se sont écoulés depuis votre élection. Quel premier bilan tirez-vous ?

C’est d’abord un énorme changement personnel : passer d’élu d’opposition à la gestion d’une ville de plus de 2 000 agents (2 150, CCAS compris)… Gérer les urgences sans se laisser déborder pour gérer la ville au long cours. Surtout, pour moi qui était consultant indépendant, confier mon agenda a été une expérience étrange !

Au quotidien, l’essentiel de mon énergie est d’impulser un changement de méthodes pour lancer nos projets au rythme de nos interlocuteurs extérieurs. J’emploie souvent le terme de « start-up » politique qui traduit notre souci d’être agiles, de ne pas forcément attendre que les tours de table soient complets et les dossiers bordés pour innover ; c’est ainsi que nous avons déjà été pionniers dans la démarche « Zéro déchet » ou pour lancer Blanchemaille, un projet autour du e-commerce et de l’économie numérique, qui font partie de l’ADN de la ville où sont nés Auchan, Camaïeu, Okaïdi ou La Redoute. C’est aussi une exigence pour suivre nos nouveaux leaders économiques comme OVH ou Ankama.

Quels sont les investissements prochains pour la ville de Roubaix et ceux auxquels vous devez renoncer dans l’immédiat ?

J’ai la chance de ne pas avoir été élu sur de grandes annonces avec des projets pharaoniques, ce qui permet d’avoir une certaine sérénité. Pour autant, notre capacité d’investissement est limitée et nous nous sommes engagés à réduire la taxe d’habitation de 20% avant la fin du mandat : nous avons donc remis à plat toutes les dépenses envisagées pour bâtir un plan pluriannuel d'investissement (PPI) sur le mandat. Les urgences à Roubaix sont d’abord dans le quotidien : propreté, sécurité...c’est là que nos dépenses iront prioritairement.

Et nous avons la chance d’être un territoire attractif et dynamique, avec des acteurs privés innovants : la principale inauguration en 2015 sera celle du campus mondial de Kipsta, la marque sports collectifs de Décathlon.

Quelle peut être votre implication et celle de votre ville à l'AMGVF ?

S’insérer dans un réseau de partage des compétences et des expériences est essentiel pour une jeune équipe comme la nôtre : 90% de mes colistiers n’avaient jamais eu de mandat et 2/3 viennent du privé. Je dis souvent qu’on ne naît pas élu : cela nécessite un apprentissage et l’AMGVF est une ressource précieuse pour nous.

A titre personnel, compte-tenu de mon passé professionnel, je m’intéresse beaucoup aux « smart cities » et si je peux m’investir sur ces sujets – avec le temps qui me reste disponible – j’en serai ravi.