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Cohésion sociale et politique de la ville
25 janvier 2018

Politique de la ville : France urbaine et les associations du bloc local en appellent à une relance forte

Les présidents de France urbaine et de l’AdCF, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse métropole et Jean-Luc Rigaut, maire de la commune nouvelle d’Annecy ont rencontré, à leur demande, au pôle Joubert, lors d’un déjeuner de travail, mercredi 24 janvier, l’ancien ministre de la Ville, Jean-Louis Borloo, à qui le président de la République a récemment confié une mission, afin de préparer, d’ici le printemps, un programme d’actions pour les quartiers populaires. L’occasion, pour les deux associations, de faire part de leur perplexité sur la concertation en cours au niveau national, organisée autour de dix groupes de travail thématiques. L’occasion d’en appeler aussi à une relance forte et vigoureuse des programmes de renouvellement urbain portés par l’ANRU, alors que l’Agence manque cruellement de moyens dans la loi de finances 2018 (seulement 15 millions d’euros) et que la préparation des protocoles de préfiguration et autres conventions opérationnelles a retardé de nombreux chantiers sur les territoires, depuis 2014.

Après un entretien riche et dense, à l’issue duquel les participants ont convenu de se revoir dans deux semaines pour faire le point, s’est tenue une réunion de la Commission politique de la ville et cohésion sociale commune à France urbaine, l’AMF et Ville & banlieue. Invité de dernière minute, Jean-Louis Borloo a rappelé aux participants que la politique de la ville avait besoin d’une impulsion majeure pour sortir des tuyaux d’orgue technocratiques et redonner un projet et un espoir aux habitants, après des années de sur-place. Plusieurs axes ont été esquissés : outre la rénovation urbaine, l’ancien ministre a mis l’accent sur la maîtrise de la langue, la lutte contre l’illettrisme et la fracture numérique, le soutien aux mères isolées en difficulté, la tranquillité publique et l’insertion globale des jeunes, diplômés et non-diplômés.

Devant une assistance nombreuse, Annie Guillemot, sénatrice du Rhône et Valérie Létard, sénatrice du Nord sont, par ailleurs, revenues sur les conclusions du rapport préparé par leurs soins en 2017, sur le bilan de la loi Lamy du 21 février 2014, dite de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Considérant que cette loi posait de bons principes, notamment avec le critère unique de revenus ou la montée en puissance, dans la gouvernance des contrats de ville, des agglomérations et métropoles, elles ont regretté, en revanche, que la politique de la ville ait manqué de moyens humains et financiers après la réforme de 2014 et que les droits communs de l’Etat aient été si peu mobilisés, malgré la signature de conventions interministérielles ad hoc.

Les deux sénatrices, à l’unisson de nombreux témoignages se sont aussi inquiétées que la confiance ne soit rompue entre la République et les habitants des quartiers, faute de respect des promesses faites, en particulier en matière de mixité sociale et fonctionnelle dans le logement. Revenant précisément sur la conférence de consensus en cours sur le logement au Sénat et en prévision de l’examen d’un nouveau projet de loi dit ELAN, d’ici le mois de mars, Valérie Létard, Annie Guillemot et Yvon Robert, maire de Rouen ont ensemble formulé le vœu que le gouvernement entende les préconisations et recommandations des grandes villes, agglomérations et métropoles dotées de programmes locaux de l’habitat (PLH) et ayant pris la délégation des aides à la pierre. Confiance aux territoires a été le leitmotiv de plusieurs interventions, appelant à un cadre souple fixé par un Etat prenant en compte la diversité des territoires.

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Date: 
Jeudi, 25 janvier, 2018