Initiatives villes et agglos
11 mai 2017

Paris teste un puits de carbone pour purifier l’air

Depuis quelques jours à Paris, dans le quartier d’Alésia (14ème arrondissement), on peut voir une étrange installation. Est-ce une œuvre d’art, une nouvelle colonne Morris, un aquarium de rue ? Rien de tout cela, c’est un modèle de mobilier urbain d’un nouveau genre, fruit d’un partenariat entre Suez Environnement et la société Fermentalg : un capteur de CO2 purificateur d’air.

Ce puits de carbone abrite une culture de micro-algues qui prospère en absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l'oxygène dans l'atmosphère de la capitale. C’est le principe de la photosynthèse, les micro-algues captent et transforment le dioxyde de carbone en oxygène ce qui permet de diminuer les gaz à effet de serre et donc de contribuer au ralentissement du réchauffement climatique.

Ses concepteurs estiment qu’un tel dispositif représente l'équivalent d'une centaine d'arbres ! Ils espèrent ainsi « apporter une réponse concrète et durable s'inscrivant dans une logique d'économie circulaire ».

Les deux partenaires industriels prévoient, par ailleurs, que l'excédent de production algale soit évacué par le réseau d'assainissement pour être traité et valorisé énergétiquement en station d'épuration par incinération des boues ou méthanisation.

La mairie de Paris et Suez Environnement prévoient de tester cette colonne-puits de carbone pendant au moins un an, sur cet axe routier particulièrement emprunté, à quelques mètres de la porte d'Orléans.

Le directeur général de Suez France explique que si cette expérimentation s'avère efficace en termes de captation, le processus pourrait être déployé sur d'autres zones à forte concentration de gaz carbonique, comme les bouches d'aération de parkings ou les parois des tunnels du boulevard périphérique. La section assainissement des services de la ville veille à ce que l'eau chargée d'algues ne génère pas de problèmes au niveau des canalisations d'égouts. Le principe de culture des micro-algues fixatrices de CO2 est une piste prometteuse : retour d’expérience dans un an !

Date: 
Jeudi, 11 mai, 2017