Les Journées nationales de France urbaine
Act'Urbaines
Cohésion sociale et politique de la ville
12 avril 2018

Pacte de Dijon : France urbaine et l’AdCF appellent les élus et l’Etat à s’engager au service de la cohésion sociale et urbaine #JNFU2018

Invité à s’exprimer lors des Journées Nationales de France urbaine à Dijon, en séance plénière de clôture, vendredi 6 avril, Jean-Louis Borloo a rappelé l’impératif de relancer avec force et vigueur la politique de la ville, dans sa dimension tant sociale qu’urbaine. Dans la suite des propos tenus lors de la matinée d’échanges organisée par France urbaine et l’AdCF, le 21 mars à Paris, l’ancien ministre en a appelé à un sursaut des décideurs locaux et nationaux, pour donner des perspectives et un espoir aux habitants des quartiers prioritaires, notamment des jeunes, tenus trop souvent en lisière de l’emploi, de la formation et de la réussite. Le Pacte de Dijon, préparé par France urbaine et l’AdCF, pour une nouvelle politique de cohésion urbaine constitue un socle sur lequel il importe désormais de s’appuyer : les élus des grandes villes, communautés

et métropoles sont prêts à le signer et à prendre leurs responsabilités dans leurs domaines privilégiés de compétences (logement, développement économique, mobilités). A l’Etat et ses services de s’engager symétriquement à leurs côtés, en matière d’éducation, d’action sociale, de santé, de tranquillité publique et de justice, pour donner une traduction concrète à cette démarche.

Vers une nouvelle contractualisation Etat/collectivités locales

Les présidents de France urbaine et de l’AdCF, Jean-Luc Moudenc et Jean-Luc Rigaut étaient côte à côte ce vendredi 6 avril au matin, pour présenter les grandes lignes et l’esprit du Pacte de Dijon et affirmer la volonté des deux associations de proposer à leurs adhérents d’apporter leur signature à ce document.

Issu de plus de deux mois - denses - de travail et d’échanges avec Jean-Louis Borloo, le document n’est pas un énième manifeste dédié à la politique de la ville et aux quartiers réputés sensibles. Le Pacte de Dijon vise d’abord à clarifier les domaines sur lesquels l’engagement des grandes villes, communautés et métropoles est attendu prioritairement, en tant qu’autorités organisatrices des mobilités, des politiques de l’habitat et de développement économique.

L’intérêt de ce document est qu’il soit signé et porté par les maires de grandes villes et président(e)s des agglomérations et métropoles, au service de l’alliance des territoires et de nouveaux équilibres territoriaux à promouvoir et renforcer. Dans la logique de la conférence nationale des territoires (CNT), il s’agit de contractualiser sur les sujets de cohésion urbaine, qui, dans le contexte actuel, sont un enjeu fort de cohésion nationale et de consolidation des valeurs républicaines.


En attendant le rapport Borloo, cinq orientations fortes

Comme à son habitude, l’ancien ministre n’a pas mâché ses mots pour déclarer l’urgence sur un dossier à forte portée sociale et symbolique. « Il faut un big bang institutionnel », a-t-il ainsi déclaré, avant d’énumérer les cinq axes sur lesquels il entendait insister, en vue du rapport qu’il devrait bientôt remettre au Président de la République, axes qui sont au cœur du Pacte de Dijon :

- La qualité urbaine est le premier des dossiers qu’il souhaite ouvrir : la France doit, selon lui, se doter d’un « grand outil national, protégé, une sorte de fondation qui bénéficierait des acquis/ressources de l’ANRU et d’autres actifs du monde du logement et qui serait à disposition des agglomérations et métropoles ». Yvon Robert, maire de Rouen est, sur ce point, revenu sur les difficultés persistantes rencontrées par nombre de collectivités, pour faire aboutir les projets de renouvellement urbain déposés auprès de l’ANRU,

- Les mobilités : il faut, selon Jean-Louis Borloo, prendre à bras le corps les déplacements, plus encore qu’aujourd’hui, sous l’autorité des agglomérations et métropoles, afin de développer une ville des opportunités,

- La mobilité professionnelle et la lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme : ce plan se veut audacieux sur un sujet de première importance, « c’est le premier obstacle à la mobilité professionnelle, cela pourrait correspondre à un investissement de 600 millions d’euros par an, issus des crédits de la formation professionnelle », a signalé l’ancien ministre de la Ville,

- Le numérique et la France digitale : les quartiers recèlent de ressources et d’habiletés diverses dans ces domaines, qu’il convient de valoriser. On gagnerait de même à installer dans des territoires aujourd’hui en marge des tiers-lieux (fablab, espaces de coworking) qui soient de nouveaux pôles/carrefours d’attractivité, ayant vocation à irriguer/rayonner sur l’ensemble de la ville et des agglomérations et métropoles,

- Adapter les modes de garde et le soutien aux crèches, en lien avec les CAF et les départements : Jean-Louis Borloo est revenu longuement sur les « travailleurs de l’ombre » que sont devenus à ses yeux les travailleurs sociaux, souvent peu considérés, harassés de contraintes administratives, de paperasseries en tous genres et d’injonctions paradoxales. La simplification des modes d’intervention de l’action sociale devrait être au menu des préconisations formulées à Emmanuel Macron. La question de la place des femmes dans l’espace public et du soutien à apporter aux mamans, notamment aux familles monoparentales devrait être un autre axe important du rapport Borloo : comme France urbaine et l’AdCF, l’ancien ministre estime en effet que la question de la sécurité et de la tranquillité publique pour tous est un défi majeur pour les quartiers.

Changement profond de méthode et de paradigme, responsabilité individuelle et collective, remise en cause des anciennes méthodes et pratiques administratives, critique à peine voilée de certaines élites déconnectées du terrain : si le constant est parfois sombre, le redressement reste possible et pourrait être plus rapide que prévu, si chacun prend sa part et fixe les bonnes priorités, a conclu Jean-Louis Borloo. A l’évidence, le Pacte de Dijon est une première brique posée dans le nécessaire processus de reconstruction des politiques de cohésion sociale et urbaine.

Retrouvez notre communiqué de presse

Contact : Emmanuel Heyraud

Date: 
Mardi, 10 avril, 2018
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