Initiatives villes et agglos
22 juin 2017

Nantes lance un navibus à hydrogène

Les Journées hydrogène se sont tenues à Nantes, les 20 et 21 juin 2017, ce fut l'occasion de présenter la navette fluviale baptisée «Jules-Verne 2» tirant son énergie de piles à combustible.

La particularité de cette navette fluviale 100 % propre ne rejette que de l’eau.
Cette innovation nantaise a été dévoilée mardi 20 juin 2017 à l’occasion des 5es Journées hydrogène dans les territoires qui réunissent 250 industriels, élus et PME pendant deux jours à la cité des congrès.

« Il a fallu cinq ans pour réaliser ce projet ambitieux et complexe. Nous en sommes très fiers  », déclare Bertrand Affilé, vice-président de Nantes Métropole chargé à la fois des transports, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Après une série de tests jusqu’à mi-juillet, les premiers passagers pourront embarquer à partir de mi-août l’après-midi, du lundi au vendredi. Le Jules Verne 2 prendra ensuite son rythme de croisière et remplacera totalement l’actuel passeur de l’Erdre qui relie Port-Boyer aux Facultés depuis 20 ans, à partir d’octobre 2017.

Innovant et non polluant

« C’est un navire très innovant. Nous sommes en phase d’expérimentation », précise Pierre-François Gérard, chef du projet hydrogène à la Semitan. Ce catamaran en aluminium de 10 mètres de long et 3,80 de large, construit au chantier naval Navalu de Bouin en Vendée, tire son énergie de deux piles à combustible de 5 kW qui convertissent en électricité l’hydrogène stocké à bord. « Le principal intérêt, c’est que ce bateau ne rejette pas de CO2, mais seulement de l’eau, détaille Pierre-François Gérard. Cette technologie permet aussi une plus grande autonomie ». Non polluant, le Jules Verne 2 est aussi plus silencieux. A terme, il pourra transporter  25 passagers, ainsi que 10 vélos. Un atout indéniable sur cette traversée qui ne dure que 3 minutes, et qui est empruntée par 20 000 cyclistes chaque année.

Plusieurs freins ont dû être levés pour que le projet voie le jour et que la réglementation française s’adapte. La Semitan a travaillé avec la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et le Sdis 44 (Service départemental d’incendie et de secours). Une enquête sociale a aussi été menée car l’hydrogène, méconnu, suscite des inquiétudes. « Ici aucun risque, assure Pierre-François Gérard. La plateforme est très aérée. En cas de fuite, la molécule s’évapore dans l’air, sans danger pour la planète ».

« L’hydrogène n’est plus de la science-fiction »

« Depuis la réintroduction du tramway, Nantes a toujours innové pour développer des déplacements plus propres pour l’environnement. Cette navette à hydrogène est une nouvelle solution pour relever le défi de la transition énergétique », se félicite Bertrand Affilé.

L’expérience nantaise réjouit Philippe Boucly, le vice-président de l'Association française pour l'hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC) : « L’hydrogène n’est plus de la science-fiction  ». L’Europe et l’Ademe soutiennent fortement son développement. 1,4 milliard d’euros ont été injectés pour déployer en 7 ans 1000 bus à hydrogène, dans 100 villes européennes. A Saint-Herblain, une station hydrogène équipe déjà l’immeuble de bureaux à énergie positive Delta Green . A Paris, une flotte de taxis à hydrogène circule dans la ville depuis décembre 2015. Dans la métropole nantaise toujours, une station-service de production et de distribution d’hydrogène sera installée en 2018 sur le centre technique de la Semitan à Saint-Herblain. Objectif ? Alimenter une quarantaine de véhicules utilitaires et deux camions pour développer en ville un système de livraison propre.

Comment marche le Navibus H2 ?



De l’hydrogène est injecté depuis une station dédiée (située à moyen terme à Port Boyer) dans deux réservoirs installés à bord du bateau. Les électrons et les protons sont séparés vers les deux pôles de la pile. Les électrons génèrent un courant électrique. De l’autre côté de la pile, de l’air est introduit et le dioxygène se sépare en deux atomes d’oxygène. Les électrons, les protons et les atomes d’oxygène s’associent pour former une molécule d’eau. Ces molécules sont rejetées dans la nature via le toit du bateau. La pile à combustible ne rejette donc que de l’eau !
Date: 
Jeudi, 22 juin, 2017