Act'Urbaines
Enfance
06 avril 2016

Lancement d’une mobilisation en faveur de la scolarisation précoce

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale et Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, ont lancé le 4 avril une mobilisation de tous les acteurs pour la scolarisation des enfants de moins de trois ans.

Elles se sont inquiétées de la baisse spectaculaire de cette scolarisation : si 35,5 % des enfants de moins de trois ans étaient scolarisés en 1995, les chiffres actuels montrent que cette scolarisation ne s’élève plus qu’à 11,7 % : 9,8 % hors éducation prioritaire et 20,6 % en éducation prioritaire (avec 19,3 % en réseaux d'éducation prioritaire (REP) et 22,2 % en REP+). Au total, en 2015, seuls 93 600 enfants de deux ans fréquentaient l'école, dont 80 % dans le secteur public.

L’objectif de scolarisation est donc porté à 30 % des enfants de moins de trois ans dans les REP et jusqu’à 50 % dans les REP+.

Cette mobilisation s’appuie sur plusieurs arguments forts :

- à l’âge de six ans, il existe un différentiel de mille mots maîtrisés en fonction de l’origine sociale de l’enfant ;

- la préscolarisation, ou scolarisation précoce, permet de travailler dès le plus jeune âge sur la maîtrise du langage, dont on connaît l’importance dans l’apprentissage des savoirs fondamentaux ;

- la socialisation des enfants (qui est l’un des objectifs gouvernementaux liés à l’aide à la parentalité), de même que la stimulation des capacités linguistiques, physiques et sensibles, participent de la lutte contre la reproduction des inégalités sociales.

L’enjeu principal résidant dans la difficulté à identifier et à convaincre les familles des “enfants cibles“, les services des deux ministères ont été engagés à « améliorer la coordination entre l'Education nationale et les acteurs des politiques sociales et familiales sur les territoires ». Les directeurs académiques des services de l'Éducation nationale (Dasen) devront dorénavant communiquer aux directeurs de Caisses d’allocations familiales (CAF) de leur département l'estimation du nombre de places disponibles pour la scolarisation des très jeunes enfants dans les secteurs prioritairement visés par cette politique. Les CAF identifieront alors les familles ayant un enfant de moins de trois ans, les informeront de l'opportunité proposée à leur jeune enfant et les inciteront à se rapprocher de la mairie en vue de son inscription.

Les ministres ont appelé les partenaires de l’école à les aider dans leur démarche et à sensibiliser les familles à l'opportunité et à l'intérêt de la scolarisation précoce. Parmi ces partenaires, les services de protection maternelle et infantile (PMI), les centres communaux d'action sociale (CCAS), les lieux d'accueil enfant-parent, les centres sociaux, les ludothèques et bibliothèques, les associations familiales, les associations du champ de l'enfance ou de la politique de la ville, sont particulièrement invités à rapprocher leur action. La collaboration avec les collectivités territoriales a évidemment été mentionnée : les représentants des associations d’élus présents (outre France urbaine, l’AMF, le Réseau Français des villes éducatrices (RFVE), l’ADF…) n’ont pas manqué d’attirer l’attention des ministres sur plusieurs points source de difficultés :

- la nécessité d’une meilleure définition de la notion d’environnement social défavorisé ;

- une meilleure information sur les formations conjointes des agents des collectivités et des enseignants par le CNFPT ;

- la réflexion nécessaire sur l’adaptation des locaux et de la restauration scolaire, dont le coût relève,  une nouvelle fois, de la collectivité (notamment dans les grandes villes où les écoles, souvent anciennes, ne sont pas aisément adaptables, ni modulables).

Emmanuelle Cuny, adjointe au maire de Bordeaux chargée de l’Education, vice-présidente de la commission « Education » de France urbaine, s’est, en outre, prononcée en faveur d’une plus grande intégration des dispositifs de soutien à la préscolarisation dans les projets éducatifs de territoire (PEDT), puisque les maires, qui pilotent ces derniers, disposent d’une connaissance de proximité de leur population liée à la pluralité de leurs interventions (social, éducation, politique de la ville, santé…).

Date: 
Mercredi, 6 avril, 2016