Les Journées nationales de France urbaine
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06 avril 2017

Journées nationales de France urbaine : une grande richesse des débats en ateliers thématiques

Les premières « Journées nationales de France urbaine », à Arras les 23 et 24 mars 2017, ont connu un franc succès, tant en termes d’audience que de contenus.

L'un des moments forts fut la présentation des propositions des élus urbains aux candidats à l’élection présidentielle. Ces propositions, recueillies dans « Le Manifeste du Grand Arras », furent notamment exposées, par le président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, le président délégué, Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, président de la Métropole de Lyon et le secrétaire général, André Rossinot, président de la Métropole du Grand Nancy.

L’occasion pour ces derniers de souligner combien, au-delà de la participation de tous les territoires urbains et de la qualité des discussions, le rendez-vous d’Arras est avant tout « un état d’esprit », celui de l’indispensable « Alliance des territoires » (voir « La Une » de la précédente édition de « Territoires urbains »).

Dans l’édition de la semaine passée nous avons également livré à nos lecteurs les tenants et aboutissants des trois premiers ateliers thématiques de ces Journées : finances locales ; développement durable et transition énergétique ; cohésion sociale et territoriale, logement.

Aujourd’hui, c’est le tour de la présentation du déroulement des trois autres ateliers : éducation, culture, transmission et citoyenneté ; développement économique et emploi ; sécurité.

 L’atelier « Education, culture, transmission et citoyenneté »,

L’atelier a réuni plus de quarante participants venus échanger, sur les propositions destinées à être présentées au sein du « Manifeste », avec les élus de France urbaine : Catherine Vautrin, présidente de la communauté urbaine du Grand Reims, Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Métropole, Fabian Jordan, président de la communauté Mulhouse Alsace Agglomération et Samy Kefi-Jérôme, adjoint au maire de Saint-Etienne, chargé de l’Education.

Les élus ont rappelé, en premier lieu, que la citoyenneté ne se définissait pas uniquement, d’un point de vue juridique, par la possession de la nationalité française et de ses droits civiques et politiques, mais aussi comme une participation à la vie de la cité.

Les participants ont souligné que les politiques publiques que les élus développent sur leurs territoires sont des outils de régulation des différenciations territoriales, qui ne peuvent faire l’économie d’une réflexion sur  la place des citoyens dans leur mise en œuvre.

Le « faire ensemble », complément indispensable du « vivre ensemble », est apparu comme l’outil transversal au service des multiples dispositifs déployés par les ministères et les collectivités pour faciliter et fluidifier les relations interpersonnelles et le sentiment collectif.

Ainsi, les Projets éducatifs territoriaux (PEDT) sont-ils un outil fréquemment utilisé afin de favoriser le mieux-être à l’école, dans son quartier, dans sa ville, de même que les contrats de ville qui comprennent tous un axe croisant engagement citoyen et réussite scolaire, ont absolue vocation à intégrer une participation citoyenne.

Parallèlement, une agglomération étant composée de “fils“ multiples - entre les aspirations individuelles des communes et les nécessités économiques, financières, sociales, urbanistiques - un degré de mutualisation est tout indiqué pour tisser une forme d’identité de territoire. La contractualisation culturelle sur des projets décidés en commun, collectivité, Etat, habitants, à partir de financements dédiés, peut alors intervenir comme un atout fort au service du projet de territoire.

L’atelier « Développement économique et emploi »

Placé sous la présidence de Robert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg, cet atelier a rassemblé un très grand nombre de participants, preuve, si besoin en était, de la préoccupation partagée des élus à l’égard de l’emploi, ainsi que de l’actualité de la relation à la région à l’issue de la promulgation de la loi « NOTRe ».

Il s’est déroulé en trois temps à l’issue desquels un dialogue s’est instauré avec les représentants des trois entreprises partenaires parties prenantes de l’atelier : la Caisse des Dépôts, Bouygues Construction et Véolia.

Les termes du débat ont été posés dès la première séquence : le développement économique n’est pas en soi une compétence mais il nécessite la mobilisation de forces conjuguées au service d’un même objectif. Le témoignage de David Marti, président de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau, en a constitué une parfaite illustration : la ré-industrialisation du bassin d’emploi du Creusot est le fruit d’actions concertées et convergentes de l’ensemble des acteurs qui produisent au quotidien les fonctions nécessaires au dynamisme économique du territoire.

La deuxième séquence s’est plus particulièrement attachée à illustrer comment le couple intercommunalités-région pouvait s’avérer puissant dès lors que le respect mutuel et le dialogue prévalaient. Une démonstration éclairante en a été faite par Roselyne Bienvenu, première vice-présidente de la communauté urbaine Angers Loire Métropole.

Enfin, la troisième séquence a permis à Robert Herrmann de faire partager aux participants les convictions de France urbaine en matière de politique publique de l’emploi. A savoir que si la régionalisation du service public de l’emploi peut avoir du sens dans la recherche d’une plus grande cohérence d’ensemble, elle doit impérativement se construire avec les collectivités infrarégionales qui contribuent, par leurs actions, leur expertise et l’ensemble de leurs politiques publiques, à sa territorialisation.

L’atelier « Sécurité »

Près de cinquante participants ont assisté au sixième atelier consacré à la « Sécurité ». Co-animé par François Rebsamen, maire de Dijon, président de la communauté urbaine du Grand Dijon et Gilles Nicolas, adjoint au maire de Nantes, chargé de la sécurité et de la tranquillité publique, il s’est déroulé en deux séquences. La première a porté sur les propositions du « Manifeste » en matière de sécurité, puis a été abordée, dans une deuxième séquence, la prévention de la radicalisation et la lutte contre le terrorisme.

Dans son introduction, Gilles Nicolas est d’abord revenu sur un constat partagé par l’ensemble des membres de la commission « Sécurité » de France urbaine : les élus, quel que soit leur bord politique, sont mis en responsabilité par les habitants de leurs communes, sans pour autant qu’ils disposent de l’ensemble des moyens nécessaires à l’exercice de telles missions. Celles-ci tendant souvent à pallier les carences de l’Etat sur le terrain.

Forts de ce constat, les participants sont convenus qu’en termes de sécurité, l’enjeu consiste aujourd’hui à « bâtir une gouvernance partagée au niveau des territoires, entre Etat et collectivités territoriales ». Cela suppose de se mettre d’accord, dans le cadre d’une contractualisation, sur les objectifs, les moyens, les critères d’évaluation - notamment en associant les habitants - des politiques de sécurité publique, mais aussi de clarifier les attentes des collectivités afin de parvenir à une politique de sécurité harmonisée sur l’ensemble du territoire.

Une telle démarche devrait permettre de distinguer plus clairement les missions relevant de la police nationale de celles relevant de la police municipale. D’aucuns rappellent qu’il y a fréquemment une confusion sur le territoire, la police municipale devant parfois se substituer à la police nationale sans disposer des moyens, voire de la formation, nécessaires à certaines missions.

De nombreux participants ont mis en avant la nécessité de renforcer, en même temps, les moyens de la justice, afin de rendre l’ensemble de la chaîne pénale plus efficace, tout en associant  l’ensemble des acteurs concernés : éducation nationale, bailleurs sociaux, acteurs de la sécurité privés…

François Rebsamen a, pour sa part, souligné que les collectivités doivent se mobiliser dès la nomination du futur gouvernement, en présentant au prochain ministre de l’Intérieur une proposition de contrat type qui servirait de base aux discussions avec le gouvernement. Partageant ce point de vue, les élus présents se sont également rejoints pour mettre l’accent sur le fait que les avancées souhaitées en matière de sécurité publique, supposent de dépolitiser ce sujet, très sensible auprès de l’opinion publique.

Les propositions émises en matière de prévention de la radicalisation et de lutte contre le terrorisme, présentées par François Rebsamen, ont fait l’objet d’un large consensus auprès de tous les participants.

Date: 
Jeudi, 6 avril, 2017