Act'Urbaines
26 mai 2016

Journée 2016 de l’Agence France Locale : objectifs tenus !

L’Agence France Locale (AFL) a organisé le 19 mai sa journée annuelle dans les salons de l’Hôtel de ville de Lyon. Conduite sous la présidence de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, président de la Métropole du Grand Lyon et co-président du conseil d’orientation de l’AFL, la journée a été clôturée, au terme de l’Assemblée générale des actionnaires, par la secrétaire d’Etat en charge des Collectivités locales, Estelle Grelier. La ministre a tenu à saluer le développement de l’AFL, « qui partage le même objectif que le gouvernement : que les collectivités disposent de leviers de développement ».

Au lendemain d’une nouvelle émission obligataire de 500 millions d’euros, cette manifestation a permis de dresser le bilan des quatorze premiers mois d’activité de l’Agence, propriété exclusive des collectivités locales - 75 % des actions étant détenues par des membres de France urbaine. En à peine plus d’un an, 147 collectivités – de toutes tailles et de toutes strates –  ont adhéré à l’AFL et 104 prêts – de 100 000 à 40 millions d’euros – ont été distribués pour un volume global de 600 millions d’euros. A fin 2015 l’AFL, après seulement neuf mois d’activité, “pesait“ déjà 3 % du marché local, et poursuit sa montée en charge afin d’atteindre les 25 % de parts de marché à l’horizon 2025.

L’occasion également de constater le bien-fondé des principes qui avaient conduits les associations d’élus (ACUF, AMGVF, depuis réunies au sein de France urbaine, AMF, ARF, ADF, AdCF, APVF, FVM et AMRF), à initier le projet suite aux premiers emprunts obligataires groupés des communautés urbaines depuis 2004 : autonomie financière des collectivités, diversification des sources de financement et du paysage concurrentiel, mutualisation, transparence et responsabilité.

Une Agence pour toutes les collectivités, quelle que soit leur taille

L’AFL propose des conditions d’adhésion et de financement identiques pour l’ensemble des strates de collectivités. Philippe Maisonnas, premier adjoint de Thil (1 100 habitants), a ainsi insisté sur le fait  que sa commune bénéficiait des « mêmes possibilités que les plus grandes collectivités ».

Quelle que soit leur taille, l’ensemble des collectivités présentes ont ainsi témoigné de la compétitivité de l’Agence, qui se situe en-dessous des offres bancaires. Pour autant, le directoire de l’AFL a rappelé qu’il ne s’agissait pas de l’objectif principal, qui demeure la diversification du paysage concurrentiel et la sécurisation de l’accès à la liquidité pour une politique d’investissement efficace et surtout nécessaire.

En effet, comme l’a rappelé Gilles Moec, “Chief Economist“ à la Bank of America Merril Lynch, la croissance européenne est aujourd’hui portée par l’investissement et la commande publics. Or en France, dans un contexte de réduction massive des dotations, les collectivités locales font tout pour maintenir le meilleur niveau d’investissement possible et l’AFL y contribue.

« L’Agence France Locale a généré de meilleures offres de la part des autres opérateurs bancaires »

Un principe qui semble, d’ores et déjà, se confirmer puisque, comme l’a souligné Caroline Barrière, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, l’Agence France Locale « a généré de meilleures offres de la part des autres opérateurs bancaires ». Un constat étayé par Lars Andersson, membre du comité stratégique, fondateur de l’agence pionnière « Kommuninvest » et investi dans la création de Local Government Funding Agencies (LGFAs) dans le monde entier,  qui a rappelé que « les agences locales ont un effet très important sur le reste du marché ». L’Agence est ainsi devenue un modèle pour beaucoup de pays, que ce soit, par exemple, en Afrique ou en Europe de l’Est et contribue à porter une image positive des collectivités locales françaises à l’étranger.

« Transparence, simplicité et responsabilité »

Les raisons de ce succès tiennent à la robustesse du modèle, fondé sur le triptyque « transparence, simplicité et responsabilité », maintes fois rappelé par les collectivités présentes. La mutualisation des besoins de financement permet l’accès à des investisseurs obligataires particulièrement demandeurs du profil de risque des collectivités françaises, quasi-souverain.

Sa gouvernance en fait par ailleurs un outil confié au seul pilotage des collectivités, dans un esprit d’autonomie et de responsabilité. Françoise Nouhen, première adjointe au maire de Clermont-Ferrand et conseillère communautaire,  a ainsi rappelé que « l’Agence France Locale sera ce que les territoires en feront ».

L’ensemble des collectivités présentes ont par ailleurs tenu à saluer la grande simplicité d’usage de l’Agence, sa grande transparence et la qualité de contact, « beaucoup plus personnel qu’avec les autres intervenants bancaires ».

Continuer la montée en puissance pour atteindre au plus vite le rythme de croisière

Afin que l’AFL atteigne au plus vite son rythme de croisière, l’adhésion de nouveaux membres reste plus que jamais nécessaire. Ainsi, le directoire de l’AFL a rappelé que s’ouvrait la « deuxième phase » du lancement de l’Agence. L’objectif de 700 millions d’euros de prêts d’ici à la fin de l’année est en passe d’être tenu, mais l’AFL doit faire grossir son portefeuille de crédit. Des objectifs qui passent par l’adhésion de nombreuses collectivités. Car, comme l’a rappelé Jean-Marc Deichtmann, maire de Huningue, si l’Agence « répond à un besoin financier, elle constitue avant tout un projet collectif ». Et défend une certaine vision solidaire de la décentralisation.

Date: 
Jeudi, 26 mai, 2016