Act'Urbaines
Culture et attractivité du territoire
09 juin 2016

L'idée de « Capitale française de la culture » fait son chemin

David Lisnard, maire de Cannes et Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Communauté, co-présidents de la commission « Culture » de France urbaine, avaient convié en décembre 2014 Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du Festival d’Avignon et conseiller culturel de l’ancien Premier ministre, Laurent Fabius, à venir présenter devant la commission son projet de « Capitale française de la culture ». Depuis, cette idée a fait son chemin. Elle séduit de plus en plus les élus urbains qui voient dans ce titre, pensé sur le modèle européen, un moyen de faire vivre localement des événements culturels, sans attendre 2028, date à laquelle la France pourrait voir revenir sur son territoire le label européen. Quant au gouvernement, il devrait s’emparer du sujet d’ici le début de l’été.

Bernard Faivre d’Arcier propose d’attribuer ce titre à un rythme bisannuel ou trisannuel. Le projet serait soumis à une participation de l’Etat déclinée suivant trois axes principaux :

  • le financement, à hauteur de 15% du projet porté par la ville (pour un maximum de 15 millions d’euros), apporté par l’Etat ;
  • la participation d'au moins un grand établissement culturel parisien dans la ville lauréate ;
  • la mise en valeur de la ville lauréate par les établissements culturels français à l'étranger et les divers dispositifs de valorisation des initiatives françaises à l'étranger.

Nombre d’adhérents de France urbaine ont manifesté leur intérêt pour ce projet. Les villes y voient en effet deux grandes opportunités :

  • La possibilité de faire grande ville dans un contexte territorial renouvelé :

Les trois lois de réforme territoriale (MAPTAM, grandes régions et NOTRe) ont bouleversé les équilibres auxquels élus et acteurs culturels étaient habitués. La gouvernance et le financement des politiques culturelles se trouvent déstabilisés du fait du retrait progressif ou soudain des départements et de l’arrivée récente des exécutifs régionaux.

Plusieurs communautés d’agglomérations profitent par ailleurs de la possibilité qui leur est offerte dans la loi de se transformer en communautés urbaines. Outre une plus grande intégration de leurs politiques, nécessaire pour des raisons d’efficacité et d’efficience de l’action publique, ces communautés veulent profiter de ce moment politique pour bénéficier d’un projet fondateur, rassembleur et de mise en avant de la ville lauréate.

  • L’occasion d’élaborer et de promouvoir des politiques culturelles ambitieuses, cohérentes avec la réalité de la ville et optimisées dans un contexte budgétaire contraint :

Les grandes villes se sont emparées de la compétence culture en la tissant des sollicitations multiples et progressives de leurs habitants, au fil d’intérêts particuliers qui ont pu être déclinés de manière suffisamment large pour qu’ils soient mis à disposition de l’ensemble de la population. Il en ressort souvent des budgets culturels importants mais disparates. Les grandes villes voient ainsi dans la « Capitale française de la culture » une opportunité de construire un projet culturel ambitieux, cohérent et en phase avec la réalité économique de la ville.

En outre, le contexte actuel de fracturation sociétale pousse les élus à rechercher dans un projet culturel partagé les modalités d’un vivre ensemble apaisé, mêlant les aspirations de toutes les catégories de population et la vision politique qu’a pu porter le maire ou le président d’une intercommunalité au moment de sa campagne.

Le projet, qui a longtemps fait l’objet de réserves de la part du gouvernement, bénéficie aujourd’hui d’une fenêtre de tir nouvelle. Audrey Azoulay, ministre de la Culture, envisage de faire une communication en conseil des ministres le 29 juin pour parler de la redynamisation du tourisme culturel en France et pourrait, à cette fin, tirer parti du projet de capitale française.

Date: 
Jeudi, 9 juin, 2016