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Développement économique, numérique et innovation
18 octobre 2018

France urbaine a mis à l’honneur l’expérimentation dans les territoires

En partenariat avec la Banque des Territoires et Syntec numérique, France urbaine a organisé le 16 octobre 2018 un événement consacré à l’expérimentation et aux projets innovants dans les territoires.

Le format choisi a permis les interventions des acteurs de l’innovation dans les territoires : collectivités, entreprises et organismes tiers ont échangé autour de ces enjeux d’expérimentation. L’occasion de mettre en lumière la constitution d’écosystèmes territoriaux entre acteurs publics et privés, nécessaires pour accompagner l’émulation et le déploiement de projets innovants. En illustration, le territoire nantais, représenté par Francky Trichet, adjoint au maire de Nantes et conseiller métropolitain chargé de l’innovation et du numérique, qui a rappelé l’intérêt de faire des territoires un « terrain de  jeu sécurisé et accompagné ». Cette démarche d’expérimentation et d’innovation est portée à Nantes par « Nantes city lab », comité qui fédère différents acteurs (collectivité, entreprises dont TPE et PME, académiques, représentants d’usagers) avec une gouvernance qui se veut ouverte. Le but est bien de « maturer » les projets et d’impulser une démarche collaborative, tout en explorant, au-delà du prisme technologique, les champs culturels, économiques ou encore sociaux, à l’image du projet « Yhnova », premier logement social fabriqué par un robot imprimante 3D.

Un constat partagé par Bertrand Falch’hun, expert TIC mobilisé à la Direction régionale de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) de Nantes, qui conjugue la façon de traiter l’expérimentation à une pluralité de modèles, évolutifs et propres à chaque territoire. Elisa Vall, directrice du Département Appui aux territoires de la Banque des Territoires, avait rappelé plus tôt le soutien de la Banque des Territoires dans l’accompagnement de l’ingénierie territoriale, notamment dans le cadre des projets de « Démonstrateurs ».

Une seconde séquence a permis de mettre en lumière les freins à l’expérimentation. En termes de réglementation, d’abord, avec des projets d’innovation qui parfois se confrontent à des barrières réglementaires, dont les demandes de dérogation sont parfois le résultat de délais conséquents. Emmanuelle Durandau, secrétaire permanente adjointe du PUCA (Plan urbanisme construction architecture – agence interministérielle) est intervenue pour évoquer l’appui du PUCA dans l’identification des blocages techniques et juridiques à la réalisation des projets et leur contribution à les lever. Le financement, ensuite, avec un manque d’informations et une difficulté du process qui empêche d’optimiser l’obtention de possibles financements, à l’instar des financements européens. Le portage politique et une volonté commune de contribuer à l’innovation, enfin. A cet effet, Bertrand Serp, adjoint au maire de Toulouse en charge de l’innovation et du numérique, vice-président de Toulouse Métropole à l’économie et la robotique, a fait état d’une contribution à l’expérimentation qui doit être commune et globale, insufflant une démarche qui doit être a foritori portée par les collectivités.

Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée à l’innovation, la métropole intelligente, au développement numérique et à la mobilité intelligente, a souligné en clôture le besoin de développer des points d’échanges et de contacts dans le cadre des projets d’innovation. Il paraît nécessaire de faire dialoguer les collectivités, les entreprises et tout organismes tiers en appui des projets d’innovation et de smart city, afin de favoriser les conditions de l’expérimentation ; un dialogue entre l’Etat et les collectivités également, indispensable pour perpétuer l’ingénierie territoriale et le soutien aux territoires de projets. L’Etat doit à la fois être facilitateur, dans l’adaptation et l’évolution des conditions réglementaires de l’innovation et des ajustements normatifs qui s’y prévalent, mais aussi accompagnateur, en dénote la partie « innovation » du Pacte Etat/Métropole signé en juillet 2016 à Lyon, laquelle engage l’Etat à allouer une enveloppe de 150 millions d’euros au profit de projets d’innovation, lesquels sont réfléchis dans un paradigme d’inter-territorialité.

Si d’autres projets et manifestations sur l’expérimentation dans les territoires devraient se profiler, tous les acteurs présents ont évoqué les ressorts de projets d’expérimentations orientés avant tout vers le bien commun, avec un adage : créer les conditions de la convergence des intérêts.

Contact : Sébastien Tison

Date: 
Jeudi, 18 octobre, 2018