Act'Urbaines
Culture et attractivité du territoire
18 janvier 2018

France urbaine invitée des scènes publiques aux BIS de Nantes

Le syndicat national des scènes publiques (SNSP), représenté par son président Michel Lefeivre, avait convié France urbaine à un débat organisé lors de la biennale internationale du spectacle (BIS) à Nantes le 18 janvier 2018.

Consacré à une réflexion sur les politiques culturelles à l’échelle des agglomérations et des métropoles, le débat rassemblait, outre France urbaine, la FNCC (fédération nationale des collectivités pour la culture), l’AMF, une représentante du secrétariat général du Ministère de la culture et un représentant du SNSP.

Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand et coprésident avec David Lisnard, maire de Cannes, de la commission culture de France urbaine, est venu porter la position de l’association sur les divers outils de contractualisation entre l’Etat et les collectivités et leur évolution nécessaire, à l’aune du bilan des récents pactes culturels et du foisonnement de contractualisations thématiques existantes. Rappelant que France urbaine avait fait des propositions pour des contrats d’agglomération d’expérimentation culturelle lors de ses journées à Arras, Olivier Bianchi s’est réjoui que les nouveaux conventionnements proposés par la ministre ressemblent fort aux propositions portées au sein du manifeste.

L’AMF, dont les préoccupations concernaient plus spécifiquement le monde rural et la difficulté à s’organiser dans des contextes moins naturellement porteurs, a relevé l’indispensable co-construction à plusieurs échelles que cela implique.

La FNCC, par la voix de sa présidente Déborah Müntzer, a revendiqué la possibilité d’inverser la logique actuelle en partant d’un projet de territoire (sous quelque forme que ce soit, peut-être aussi celui d’un artiste) pour mettre autour de la table les acteurs institutionnels nécessaires à la conduite du projet plutôt que de décider de façon descendante les projets qui doivent être soutenus. L’Etat doit dès lors se renforcer par le biais de ses DRAC dans la mesure où elles sont à même d’assurer l’équité territoriale nécessaire, pendant que la spécificité du territoire doit conduire à une dés-homogénéisation des politiques culturelles.

Isabelle Chardonnier, directrice de l’action territoriale au Ministère de la culture, est revenue sur l’importance qu’accorde la Ministre de la culture Françoise Nyssen au conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC), au sein duquel elle a identifié le besoin de conventions plus dynamiques, tournées vers le projet, la filière… qui figent moins l’existant. Des conventions plus souples aussi, de manière à ce qu’elles partent des projets des territoires et couvrent des durées variables et soient signées par des acteurs différents selon les territoires, et enfin plus solidaires et intégrant deux clauses : l’éducation artistique et culturelle et la solidarité territoriale pour déployer l’action culturelle sur les territoires les plus fragiles de l’environnement de la collectivité signataire. Pour la représentante de l’Etat, contrairement aux maires de grandes communes qui se sont entourés d’équipes solides, les nouvelles structures administratives en milieu rural ne disposent ni de services ni de l’expérience propice au développement culturel, et il importe que les DRAC aient un positionnement fort auprès de ces derniers.

Frédéric Maurin, directeur d’une scène conventionnée située en territoire rural, a rappelé que les scènes publiques sont des acteurs importants du service public. La nouvelle organisation du territoire inquiète parce qu’elle bouscule les lignes ; la création des métropoles, l’agrandissement des communautés de communes en milieu rural, font craindre une dilution de la voix des professionnels, notamment lorsque l’EPCI ne dispose pas d’une politique culturelle explicite, et que les élus souhaitent peser sur la programmation des lieux culturels.

Mais la restructuration territoriale n’est pas nécessairement synonyme de danger pour les professionnels, selon Olivier Bianchi. Partout où se trouvent des métropoles se créent des polarités autour d’elles. L’histoire montre que les pratiques locales n’étaient pas plus efficaces dans les petites communes lorsque ces dernières étaient seules et n’avaient pas les capacités à faire : la métropole leur permet de faire plus. La question de la formation des élus est également un débat récurrent, mais elle dépend souvent de l’action des professionnels eux-mêmes qui doivent aller à la rencontre des commissions culture de leurs collectivités.

David Constans-Martigny

 

 

Date: 
Jeudi, 18 janvier, 2018