Act'Urbaines
Culture et attractivité du territoire
Finances et Fiscalité
07 novembre 2018

France urbaine auditionnée au Sénat sur la mission culture au sein du PLF 2019

Sonia de la Provôté, sénatrice du Calvados, et Sylvie Robert, sénatrice d'Ile-et-Vilaine, rapporteures pour avis des crédits relatifs à la création (programme 131) et à la transmission des savoirs et démocratisation de la culture (programme 224) de la mission culture du projet de loi de finances 2019, ont invité Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand et co-président de la commission culture de France urbaine, à s’exprimer sur ces deux programmes dans le cadre d’une audition préalable à l’examen de la loi au Sénat.

Les deux sénatrices souhaitaient recueillir l’avis de France urbaine sur des sujets assez divers, allant du Pass culture au plan EAC, en passant par la question des écoles d'art et la réforme du statut des enseignants des écoles d'art, le renforcement de la déconcentration des crédits ou l’avenir des conservatoires.

Concernant la sécurisation des équipements culturels, elles ont informé France urbaine du fait que le fond interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR), vecteur du financement par les préfets des renforcements de sécurité, ne se montait plus qu’à 2 millions d’euros alors même que la circulaire dite « Collomb » renforce encore les obligations des organisateurs concernant les dispositifs de sécurité anti-terrorisme. Il semble évident que certains directeurs de structures vont se reporter vers les collectivités, à l’exemple des Trans musicales qui peinent à porter un budget sécurité de 36 000 euros.

Pour Olivier Bianchi, la situation est aujourd’hui relativement floue et ambiguë, avec des affichages de volonté réelle mais sans moyen. La contractualisation à 1,2% implique par ailleurs que chaque effort demandé aux collectivités, même en accompagnement d’un effort de l’Etat, ne pourra pas être accepté par les collectivités, et que les arbitrages des maires et présidents ne pourront pas être favorables aux ministères dépensiers. Même l’investissement en pâtira puisqu’il mène à du fonctionnement, ce qui est une manière pour l’Etat de saborder ses propres réformes.

A cela s’ajoute des surprises : l’engagement pris à Rennes par le cabinet de la ministre de dédier 800 000 euros à la réforme du statut des PEA en 2019 n’est pas affiché dans le budget. Ce problème du financement de la réforme en rencontre un autre : la crainte de l’effet domino de la réforme sur les enseignants des conservatoires. France urbaine a du rester prudente durant les négociations qui ont eu lieu entre les représentants des écoles et le ministère de la culture, tous les adhérents de France urbaine n’étant pas complètement d’accord entre eux.

Concernant le Pass culture, M. Bianchi a estimé qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée, dans la mesure où la majorité des territoires disposent d’ores et déjà d’un Pass aux modalités et privilèges très variés d’un territoire à l’autre. Mutualisation et réorganisation auraient pu être une option plutôt que la création d’une nouvelle carte. Ainsi, prenant l’exemple de celle de Clermont, Olivier Bianchi constate que sans accompagnement, sans médiation, les jeunes ne vont qu’au cinéma mais ne vont pas au théâtre. En outre, même en admettant que l’ensemble des négociations mène à un résultat vertueux, les rabais et autres coups de pouce doivent de toute manière être payés ou compensés, et il faudra donc demander aux acteurs de faire un effort. Or pour beaucoup d’entre eux ce sont les collectivités qui les financent, et ce seront donc ces dernières qui devront payer.

Contact : David Constans-Martigny

Date: 
Mercredi, 7 novembre, 2018