Act'Urbaines
Education
05 juillet 2018

France urbaine auditionnée à l’Assemblée nationale sur la déscolarisation

Anne Brugnera, députée La République en Marche du Rhône et ancienne adjointe à l’éducation de la ville de Lyon et George Pau-Langevin, députée Nouvelle Gauche de Paris, ancienne Ministre ont été nommées, par la Commission des Affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, rapporteures d’une mission flash sur la déscolarisation. L’objectif de cette mission flash est d’informer les membres de la commission sur le cas des élèves qui quittent les établissements d’enseignement primaire ou secondaire pour un enseignement à domicile ou pour être scolarisés dans des écoles clandestines.

France urbaine a été auditionnée devant cette mission le 3 juillet 2018. Constituée d’Emmanuelle Cuny, adjointe à l’éducation auprès du maire de Bordeaux, vice-présidente de la commission Education de France urbaine, et de Florent Montillot, adjoint à l’éducation auprès du maire d’Orléans, la délégation de France urbaine était venue témoigner de la manière dont les villes adhérentes de l’association identifiaient les enfants déscolarisés et contrôlaient les conditions de la scolarisation à domicile.

Les élus ont donné à connaître les dispositifs déployés dans leurs villes respectives, et fait valoir les difficultés principales auxquelles ils sont confrontés :

- Les demandes d’ouverture d’écoles confessionnelles hors contrat, qu’il est compliqué d’évaluer ;

- Les essais autour de la carte scolaire pour favoriser la mixité, encourager à l’assiduité et éviter le regroupement de communautés, qui mènent parfois à des échecs patents ;

- Le déficit de traducteurs dans certaines communautés qui favorise peut-être certaines déscolarisations en empêchant l’information des parents ;

- La nécessité de créer une commission regroupant l’ensemble des acteurs pour avoir une vision complète et la plus efficace possible de ce que représente réellement la déscolarisation ;

- L’impossibilité de disposer de bases croisées à jour avec les CAF, impossibilité qui risque de s’aggraver avec le RGPD ;

- Le taux de rotation important des populations dans certaines villes.

Pour mémoire, le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CIPDR), a engagé une réflexion sur le déploiement du Plan National de Prévention de la Radicalisation, dont plusieurs mesures sont en lien direct avec l’éducation et tout spécifiquement avec l’identification et le suivi des élèves scolarisés à domicile ou au sein d’écoles privées hors contrat (mesures 7 et 8). France urbaine participe aux travaux de ce comité et y fait valoir plusieurs arguments importants rassemblés à l’occasion d’une commission éducation dédiée au sujet, telle l’efficacité d’appuyer la lutte contre la déscolarisation et le contrôle de la scolarisation sur les CCAS dont le travail social leur permet de disposer d’une connaissance fine des situations individuelles des enfants.

Contact : David Constans-Martigny

Date: 
Jeudi, 5 juillet, 2018