Act'Urbaines
Enseignement supérieur et recherche
20 mars 2018

ESR : retour sur le colloque annuel de la CPU à Dijon

Début d’année faste pour Dijon, qui avant d’accueillir les journées de France urbaine les 5 et 6 avril, recevait le colloque annuel de la conférence des présidents d’université (CPU) les 15 et 16 mars pour parler de l’Europe des universités. Symbole fort en cette année 2018 que cette problématique, puisque l’Europe s’apprête à fêter les 20 ans du processus de Bologne, par lequel les pays européens ont harmonisé leurs systèmes nationaux en généralisant une division en trois cycles (licence, master et doctorat, le fameux LMD), permettant une reconnaissance réciproque des qualifications.

Les présidents d’université ont souhaité réfléchir à la manière dont leurs universités articulent leur action avec celle de l’Etat, des régions et des collectivités infrarégionales et François Rebsamen, maire de Dijon, président de Dijon Métropole, a mis en avant le contrat de partenariat historique qui existait entre la communauté d’agglomération de Dijon et l’université afin de signifier que le développement de la recherche et de l’innovation passait par le regroupement et des partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, l’intervention de la métropole continue sur la vie étudiante, l’organisation de colloques, l’investissement dans toutes les manifestations qui donnent du rayonnement, et concurremment l’université est associée aux grands projets portés par la collectivité.

Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims qui intervenait en tant que présidente de l’AVUF, l’association des villes universitaires de France, a quant à elle insisté sur l’importance de la diplomatie des villes pour soutenir le rayonnement international des universités, les collectivités apportant une manière de vivre l’Europe autrement. Elle a en outre rappelé que si l’université n’est pas un outil d’aménagement du territoire, l’absence de proximité d’une université sur un territoire limite l’accès de certains étudiants à l’enseignement supérieur.

Gérard Blanchard, vice-président en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche au conseil régional de Nouvelle Aquitaine (et ancien président de l’université de la Rochelle), a quant à lui détaillé le contenu du schéma régional de l'enseignement supérieur et de l'innovation (SRESRI) de sa région, par lequel il veut inciter les divers acteurs à travailler en coopération et les pousser à constituer des réseaux thématiques de recherche inter-établissements. Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne Franche-Comté, a pour sa part estimé que la région a un rôle à jouer d’accompagnement des acteurs pour aller capter les fonds européens.

Des ateliers dédiés à l’exportabilité du modèle d’espace européen de l’enseignement supérieur, au concept d’innovation et d’excellence distribuées, se sont tenus au cours de ces deux jours de colloque. C’est toutefois principalement l’avenir des universités européennes, annoncées par le Président de la République dans son discours de la Sorbonne le 26 septembre 2017, qui a été le plus largement évoqué, notamment en présence de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal. Leur contour, encore en travail, pointe vers des réseaux d’universités européennes dans lesquelles les étudiants suivront leurs cours successivement, dans au moins deux langues, peut-être sur le modèle des doctorats Erasmus plus qui s’ils ont fait la preuve de leur efficacité, restent des formations extrêmement couteuses.

Contact :David Constans-Martigny

Date: 
Mardi, 20 mars, 2018