Enseignement supérieur et recherche
18 mai 2017

Enseignement supérieur et recherche, développement économique : voyage au cœur d’un incubateur à Montpellier

Montpellier Méditerranée Métropole, présidée par Philippe Saurel, maire de Montpellier, avec l’Association des villes universitaires de France (AVUF) et l’Assemblée des communautés de France (AdCF), ont organisé les 10 et 11 mai 2017 un séminaire intitulé « Voyage au cœur d’un incubateur ».

Ce séminaire avait pour objectif la découverte des stratégies et des synergies déployées à l’initiative des collectivités territoriales et au service de l’enseignement supérieur et du développement économique.

La valorisation de la recherche et le transfert de technologie ont ainsi fait l’objet de discussions croisant les points de vue du ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), de plusieurs collectivités dont Grenoble Alpes Métropole, de la Société d’accélération et de transfert de technologie locale, la « SATT AxLR » et celui de Bertrand Monthubert, conseiller régional délégué à la recherche et à l’enseignement supérieur de la région Occitanie (que France urbaine avait reçu lors de sa commission mixte « ESR » avec l’AVUF en février 2017, au titre de son travail sur le Livre blanc de l’ESR).

Les différents intervenants se sont rejoints sur l’importance du soutien à l’innovation, lequel, sous ses nombreuses formes (capital risque, prêts en faveur de l’innovation, propriété intellectuelle, etc.) permet tant la différenciation dans la compétition internationale que le développement de l’emploi et des qualifications locales, ainsi que l’attractivité des territoires.

La croissance d’un pays, comme celle d’un territoire, est portée par le progrès technique, le capital humain, l’action publique. Au niveau national, 300 000 chercheurs exercent dans le privé et le public, dont 200 000 dans le privé qui ont un accès direct au marché. Les pouvoirs publics doivent donc permettre aux chercheurs publics de se connecter aussi au marché : c’est là toute l’importance de très gros organismes, tels les SATT, comme de plus petits, tels les incubateurs ou les technopôles.

L’actualité du Programme d’investissements d’avenir (PIA) a été évoquée par un représentant du Commissariat général à l’investissement (CGI). Rappelons qu’après les deux premières versions (mars 2010 : PIA 1, première tranche de 35 milliard d’euros ; puis décembre 2013 : PIA 2, deuxième tranche de 12 milliards d’euros), le PIA 3, troisième tranche de 10 milliards d’euros, a été annoncé par le président de la République en décembre 2016. Il est actuellement en phase d’appels à manifestations d’intérêt selon trois axes principaux :

- soutenir les progrès de l’ESR ;

- valoriser la recherche ;

- accélérer le transfert aux entreprises.

C’est dans l’axe de valorisation de la recherche qu’un impact est envisagé pour les collectivités territoriales. Le programme prévoit en effet quatre déclinaisons :

- prolongation des SATT les plus performantes par appel à projets de 200 millions d’euros ;

- rapprochement des SATT, des incubateurs et des accélérateurs de “start-ups“ (150 millions) ;

- lancement du fonds « Frontier Venture », avec un fonds de pré-amorçage, de 50 à 150 000 euros, (500 millions) ;

- financement de territoires d’innovation de grande ambition.

La dernière déclinaison - labellisation de territoires d’innovation de grande ambition - est déjà lancée par un appel à manifestations d’intérêt qui devront être rendues pour le 29 septembre 2017, avant l’appel à projets à proprement parler, en 2018.

Le séminaire s’est conclu par une visite du Business Innovation Centre (BIC – hôtel d’incubation) de la métropole de Montpellier et la rencontre avec des “start-uppers“ incubés au sein du BIC, faisant ressortir la puissance de ces outils. Comptant trente ans d’existence, le BIC, service intégré dans la direction du développement économique de la métropole, représente un investissement important et constant de cette dernière sur le long terme. Georges Frêche, qui en fut à l’initiative en 1987, voulait promouvoir l’innovation comme facteur d’emplois à forte valeur ajoutée et difficilement délocalisables. Il en est résulté la création de 4 786 emplois et de 643 entreprises innovantes dont le taux de survie est de 80 % à trois ans, en lien avec 200 laboratoires et 12 000 chercheurs. Les “coachs“ du BIC accompagnent les entreprises innovantes dès l’amont du projet, à partir de campagnes d’identification menées notamment dans les universités, de – 2 ans à + 5 ans au maximum. Il fonctionne sur un principe de partenariats extrêmement divers et étendus, des universités locales aux réseaux d’incubateurs du monde entier.

Date: 
Jeudi, 18 mai, 2017