Enseignement supérieur et recherche
15 septembre 2016

L’enseignement supérieur à l’heure du pragmatisme

Un séminaire sur la gouvernance locale de l’enseignement supérieur à l’heure des bouleversements territoriaux que connaissent les collectivités s’est tenu le 13 septembre 2016 dans les locaux de la Conférence des Présidents d’Université (CPU).

Un séminaire pour clore un cycle

Organisé par le réseau des collectivités Enseignement supérieur et recherche (ESR) - France urbaine, AdCF, AVUF, FNAU, avec la CPU, CCI France et le soutien de la Caisse des dépôts - ce séminaire était le dernier d’un cycle qui s’est déroulé sur deux années et qui a réuni élus et techniciens membres des associations d’élus partenaires, ainsi qu’un nombre croissant d’universitaires et de représentants d’autres échelons territoriaux ou nationaux.

Ils ont permis d’approfondir les problématiques identifiées lors d’un premier séminaire fondateur à la Caisse des dépôts en février 2014 et ont porté sur : innovation, transfert, écosystèmes, le 1er octobre 2014 ; les collectivités et campus de demain, patrimoine universitaire, usages, urbanité, maitrises d'ouvrages, le 22 janvier 2015 ; les assises de l’enseignement supérieur, le 8 avril 2015 ; la place du campus et de l’étudiant dans la ville, les 25 et 26 novembre 2015 ; les assises de l’habitat étudiant, le 3 février 2016.

Leur déroulement et leurs conclusions principales seront regroupés au sein d’un ouvrage qui devrait être publié dans le courant du mois de novembre 2016.

L’enjeu de la réorganisation territoriale

Le dernier séminaire, intitulé « Schémas d’enseignement supérieur et de recherche : un enjeu à partager », avait pour objet d’examiner les dernières réformes de l’ESR et territoriales (loi sur l’ESR dite « Fioraso » en 2013, loi “MAPTAM“ en 2014, lois nouvelles régions et “NOTRe“ en 2015) et la manière dont elles sont venues bouleverser l’organisation des collectivités en forçant ces dernières à repenser leur compétence au niveau d’un territoire beaucoup plus vaste.

C’est ainsi que Romain Pierronnet, élu en charge du Numérique et de la Vie Etudiante de la ville de Nancy et de la Métropole du Grand Nancy et auteur avec Sophie Lafon d’un article universitaire intitulé : « Recherche et enseignement supérieur : plus de place pour les collectivités ? », est venu peindre le tableau des évolutions récentes des relations entre collectivités et établissements d’enseignement supérieur et remarquer que plutôt que de disparation de l’Etat de la compétence ESR il constatait une reconfiguration des outils de l’Etat, passé à un gouvernement à distance par le biais du pilotage des labels et des appels à projets (PIA, Campus…).

Des représentants de l’Etat, du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), de plusieurs régions (Grand Est et Centre-Val-de-Loire), de plusieurs universités (Bordeaux, Franche-Comté, La Rochelle), de plusieurs agglomérations (Bordeaux, Grenoble, La Rochelle), d’agences d’urbanisme et de chambres consulaires, se sont succédé pour décrire la manière dont ils s’inscrivent, tant dans la construction que dans la mise en œuvre des schémas à tous les niveaux : de la StraNES (stratégie nationale de l’enseignement supérieur) aux schémas locaux de l’enseignement supérieur et de l’innovation (SLESRI), en tenant à présent compte des schémas régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) et du filigrane des appels à projet multiples. Les évolutions législatives récentes ont aussi ouvert de nouveaux leviers, tels la formation professionnelle par la loi “NOTRe“ ou les SRESRI qui ont pu nourrir les volets ESR des Contrats de plan Etat-région (CPER).

La démarche comme objectif

Les contextes nationaux et locaux s’additionnant, les intervenants se sont prononcés pour un fonctionnement articulé autour d’un pragmatisme qui oblige à une mise en commun des objectifs à plusieurs. La démarche du travail co-construit semble ainsi l’emporter localement sur la formalisation de documents qui resteraient vides de fond,  quand bien même la contractualisation permet d’enclencher des logiques de différenciation d’un territoire à l’autre.

Conclu conjointement par Anne Besnier, vice-présidente de la région Centre-Val-de- Loire, vice-présidente de l’Association des régions de France, Claus Habfast, vice-président de Grenoble-Alpes-Métropole, pour les associations d’élus et Khaled Bouabdallah, président de l'université de Lyon, vice-président de la CPU, le séminaire a permis de prendre acte des relations nouvelles et du désir de complémentarité dans l’action attendu par les acteurs locaux de l’ESR.

Date: 
Jeudi, 15 septembre, 2016