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14 juin 2018

Education : tour d’horizon avec le ministre Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a reçu une délégation de France urbaine le 12 juin 2018. Composée du président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc, de François Cuillandre, maire de Brest et président de Brest Métropole, d’Emmanuelle Cuny, adjointe au maire de Bordeaux et de Patrick Bloche, adjoint à la maire de Paris, la délégation était venue porter la voix des adhérents de France urbaine sur tous les sujets éducatifs du moment, le premier desquels étant ses inquiétudes sur les conséquences financières de l’abaissement de la scolarité obligatoire à trois ans.

Le ministre a commencé par annoncer son intention de donner vie à une revendication ancienne de France urbaine concernant l’établissement d’un lieu de concertation permanente entre son ministère et les associations d’élus par l’installation d’un comité des partenaires de l’Education nationale, qui aura vocation à examiner, avant qu’elles soient officiellement annoncées, toutes les mesures pouvant impacter les collectivités locales.

Evoquant le dédoublement des CP et des CE1 en REP et en REP+, le ministre s’est réjoui qu’un consensus ait été atteint très rapidement et que les collectivités aient été très réactives dans l’adaptation des écoles. Il a rappelé qu’une circulaire détaillant les financements possibles au sein du DCIL et du DETR a été transmise aux préfets, et que les sommes qui s’y trouvent devraient être augmentées d’année en année. Il s’est engagé à regarder, grande ville après grande ville, les lieux où les arbitrages au sein du DCIL n’auraient pu mener à un accompagnement optimal du dédoublement.

Le ministre s’est dit inquiet de l’évolution démographique scolaire. Les statistiques montrent en effet qu’il manquerait près de 40 000 enfants par an, et si cette baisse démographique permettra le rééquilibrage dans le premier degré, le manque de naissances entraînera un problème de rebond démographique dans le monde rural.

La carte de l’éducation prioritaire, prévue pour évoluer en 2019, ne devrait pas entraîner de requalification en profondeur des écoles, et les dédoublements mis en œuvre ne devraient ainsi pas être remis en cause. Le ministre s’est dit intéressé par une réflexion en profondeur de l’éducation prioritaire, qui ne pourra se déployer que sur du long terme et certainement pas dès la rentrée 2019.

Questionné quant à ses intentions sur le Plan Mercredi, le ministre a annoncé son officialisation le 20 juin prochain de manière vraisemblable. Le Plan, contrairement à des sons de cloche récents, devraient concerner aussi bien les villes à 4 jours que celles à 4,5 jours. Le PEDT, qui pourrait être renommé, aurait une visée plus large et viserait davantage de clarté et de synergie. Une bonification des financements prévus par les CAF devrait accompagner une réflexion sur les taux d’encadrement (Jean-Michel Blanquer est aussi ministre de la Jeunesse et donc responsable à ce titre). Des annonces sont prévues à ce sujet en juillet.

Concernant enfin la scolarisation à trois ans, le ministre s’est dit conscient des surcoûts que la mesure allait entraîner. Il a rappelé que la tranche d’âge concernée (les 3 – 6 ans) concentrait l’ensemble des problèmes de l’école : ultra-pauvreté, exclusion des filles, etc. Il a donc décidé d’une compensation financière, qui fera l’objet d’une évaluation fine par les services du Ministère, pour accompagner les collectivités et ne pas leur imposer de charge nouvelle, dans un mécanisme qui devrait trouver sa place en dehors de la DGF pour éviter d’impacter la contractualisation actuellement déployée. Ce mécanisme trouvera sa place dans le PLF 2019.

Contact : David Constans-Martigny

Date: 
Jeudi, 14 juin, 2018