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15 novembre 2017

COP23, retour sur les principaux temps forts

Deux ans après l’accord historique de Paris par lequel 195 Etats se sont engagés à rester sous les 2°C de hausse de la température, c’est à Bonn, en Allemagne, que s’est déroulée la 23e conférence de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur les changements climatiques (COP23), du 6 au 17 novembre 2017. Durant deux semaines, les représentants de 200 pays se sont retrouvés afin d’avancer sur le projet de la lutte contre le réchauffement climatique ainsi que pour faire le point sur les engagements pris par les Etats. Un sommet d’envergure auquel France urbaine a participé.

Retour sur les principaux temps forts.   

Les enjeux climatiques et politiques de la COP23

« Notre demande collective au monde est qu'il maintienne le cap fixé à Paris », a  annoncé le Premier ministre fidjien et président de la COP, Frank Bainimarama, en ouverture de la COP23. Un appel d’autant plus légitime que le petit État insulaire est directement impacté par le réchauffement climatique.

Si l’accord de Paris a fait naître de grands espoirs en matière de lutte contre le changement climatique, l’enjeu consiste désormais à maintenir la dynamique initiée il y a deux ans. Organisée par les îles Fidji à Bonn - faute d’infrastructures permettant d’accueillir 20 000 personnes dans l’île du Pacifique - cette conférence internationale intervient dans un contexte particulier, marqué, notamment, par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris.

Des progrès jusqu’ici insuffisants

Selon un rapport publié récemment par l’ONU, « Les engagements actuels des Etats couvrent à peine un tiers des réductions d'émissions nécessaires ». Même si les émissions mondiales de CO2, responsables du réchauffement climatique, semblent se stabiliser, notamment grâce à la Chine, qui a réduit sa dépendance au charbon, les efforts engagés ne sont pas assez importants. 

L’inquiétude est d’autant plus grande que cette année aura été marquée par l’accumulation de catastrophes naturelles à travers le monde dont les coûts humains, sociaux et économiques sont sans précédents. 

Dans ce contexte, les pays participants ont jusqu’au 17 novembre pour définir clairement les règles d’application de l’accord de Paris et viser notamment  l'objectif de contenir la hausse de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C, voire 1,5°C. Outre les avancées concernant les règles d’application de l’accord de Paris, il s’agira pour les États de réaffirmer leur engagement et leur maintien au texte signé il y a deux ans et de prendre des mesures fortes, à un an de la COP24, qui se tiendra en Pologne, et qui fera figure de pré-bilan concernant les actions de chaque pays.

Pour autant, au-delà de l’action des Etats, l’engagement des territoires, et notamment des villes, demeure plus que jamais déterminant pour atteindre les objectifs fixés par les Etats. La conférence de Bonn fût l’occasion, une fois encore de rappeler la contribution essentielle des collectivités territoriales en matière de lutte contre le changement climatique.

Retour sur le Sommet des Elus locaux et Régionaux

Après une première édition qui avait permis de réunir 1 000 maires, lors de la COP21 à Paris en 2015, à l’initiative d’Anne Hidalgo, maire de Paris, la troisième édition du sommet mondial des élus locaux et régionaux pour le climat s’est tenue, le 12 novembre, à Bonn, en marge de la COP23. L’occasion, pour les élus, de témoigner leur attachement à la mise en œuvre de l’accord de Paris et de rappeler leur rôle incontournable dans la concrétisation de la transition écologique.

Ainsi, tout au long d’une journée de débats et de tables rondes, les participants ont pu mutualiser les expériences et les innovations, faire le point sur les avancées et les difficultés de mise en œuvre des engagements des territoires et porter de nouvelles recommandations auprès des gouvernements. Il s’agit aussi, pour les élus comme pour les Etats, de trouver la meilleure articulation entre les différents cadres d’actions que sont les ODD (objectifs du Développement durable), l’agenda urbain mondial, adopté en 2016 à l’issue de la Conférence Habitat III et bien sûr l’accord de Paris de 2015.

Lors de son intervention  en séance plénière, Roland Ries, maire  de Strasbourg et co-président de CGLU (Cités et gouvernements locaux unis), a prononcé un plaidoyer en faveur de l’action des villes. Il a en outre rappelé l’importance de l’échange d’expériences entre villes à travers le monde : « Nous n’allons pas sans cesse tout réinventer. Prenons les expériences positives en les adaptant au contexte local. Nous avons réalisé des expériences significatives, parfois sans le soutien des Etats. Nous devons réaffirmer notre engagement pour les accords de Paris, qui ont été une chance ».

Le maire de Strasbourg a également rappelé la responsabilité de chacun vis-à-vis des générations futures, en citant la déclaration universelle des droits de l’humanité et notamment le droit "pour tous les habitants de la Terre de vivre dans un monde dont le futur n'est pas compromis par l'irresponsabilité du présent".

Invité d’honneur en clôture du sommet des élus locaux et régionaux, l’acteur et ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a prononcé un discours qui a fortement retenu l’attention des participants.

Après avoir souligné que les « bonnes initiatives en matière de protection du climat seraient prises d’après lui au niveau local », il a annoncé son engagement auprès des élus locaux pour  faciliter la mise en place de deux nouveaux instruments : un guide global, reprenant les bonnes pratiques appliquées à travers le monde, et la création d’une fondation, afin de financer «tous les bons projets» qui existent en matière de climat, mais qui ne trouvent pas d’investisseurs pour les réaliser.

Autre intervention remarquée, celle du sénateur et gouverneur de Californie, Jerry Brown, venu à Bonn pour souligner le décalage existant selon lui entre le président américain et la majorité des grandes villes.

Si la délégation officielle des États-Unis à cette COP23, en cours depuis maintenant une semaine à Bonn, est réduite au minimum, les leaders régionaux et locaux américains étaient présents en nombre : en effet, ce ne sont pas moins de 20 gouverneurs d’États, 110 élus locaux et 1300 représentants d’entreprises qui ont fait le déplacement pour marquer leur distance vis-à-vis de leur président, Donald Trump, et de sa décision de quitter l’accord de Paris. A l’image des nombreux intervenants qui se sont succédé en tribune, le gouvernement de Californie a plaidé, en conclusion, pour l’union de tous les acteurs : « contre les tentations de replis actuelles, nous devons nous unir. Chaque pays fait partie du problème mais fait aussi partie de la solution »

Contact :
Kader Makhlouf

Légende photo : Roland Ries, maire de Strasbourg

Date: 
Mercredi, 15 novembre, 2017