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École de la confiance : de l’argent public pour les écoles privées ?

12/02/2019

Le gouvernement, en abaissant l’âge d’éducation obligatoire à trois ans, souhaite porter le pourcentage actuel de près de 99 % des enfants de trois ans déjà scolarisés à 100 %, afin de renforcer la performance scolaire des élèves.

Ce chiffre masque malheureusement le dernier pourcent d’enfants non scolarisés entre trois et six ans. Ceux qui vivent principalement en Guyane et à Mayotte, où les circonstances locales, très spécifiques, expliquent cette différence.
Ce chiffre masque aussi le fait que, en application de la loi Debré de 1959 qui instaure un système de contrats entre l'État, les communes et les écoles privées, les municipalités devront verser aux écoles maternelles privées sous contrat la même somme qu’elles versent aux écoles maternelles publiques, alors même que ces écoles privées n’accueilleront pas pour autant plus d’enfants.
Les coûts sont vertigineux : de 100 à 150 millions d’euros à porter par les communes pour une mesure qui change le nombre d’enfants scolarisés de manière très marginale, et qui seront versés aux écoles privées au détriment des écoles publiques.

Les adhérents de France urbaine ont fait la preuve de leur engagement sur tous les nouveaux projets dont les ministres successifs disent qu’ils vont améliorer la performance des élèves : 4,5 jours d’école puis 4 jours seulement, dédoublement des CP et des CE1, périscolaire le mercredi, accompagnement des réseaux d’éducation prioritaire… les collectivités locales n’ont jamais rechigné à améliorer les conditions d’accueil des enfants.

Mais si le gouvernement souhaite augmenter de manière unilatérale le financement de l’enseignement privé, cela ne saurait être à la charge exclusive des collectivités.

Nous avons appelé l’attention du gouvernement sur ce problème à de très nombreuses reprises, dès le lendemain de l’annonce de l’abaissement de l’âge de l’éducation obligatoire à trois ans par le Président de la République à l’occasion des assises de l’école maternelle en mars 2018.

Au-delà de leurs inquiétudes, nos adhérents ont fait part de propositions, sans avoir le sentiment que le gouvernement ne les ait jamais écoutés.
En manifestant leurs réserves vis-à-vis de cette disposition, les adhérents de France urbaine ne souhaitent pas donner le sentiment d’alimenter une guerre des écoles, alors même qu’ils soutiennent localement l’enseignement privé depuis de nombreuses années. C’est pourquoi nous demandons à ce que nos attentes légitimes soient prises en compte dans le débat parlementaire.
 

Paris, 12 février 2019

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