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Cohésion sociale et politique de la ville
22 mars 2018

Cohésion urbaine : une matinale France urbaine/AdCF/FNAU riche en débats, en attendant les propositions de Dijon

C’est devant plus de 150 participants que s’est tenue, à Paris, une session d’échanges et de débats organisée par France urbaine, l’AdCF et la FNAU, autour de l’avenir de la politique de la ville, en présence de Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Ville.

C’est dans le cadre de la mission confiée à ce dernier par le Président de la République, après le discours fondateur de Tourcoing du 15 novembre qu’était organisée cette matinale, qui s’est révélée dense en prises de paroles et interventions.

Yvon Robert, maire de Rouen, Francis Chouat, président de Grand Paris Sud, Jean-Luc Rigaut, président du Grand Annecy et président de l’AdCF ou Jean Rottner, président de la région Grand Est et président de la FNAU ont, tour à tour, rappelé l’importance de politiques de cohésion territoriale cohérentes, bien articulées entre elles, où chacun prend ses responsabilités, pour mobiliser les droits communs nécessaires.

Jean-Louis Borloo, qui devrait remettre son rapport au Président de la République d’ici mi-avril, a dressé un constat sombre - quoique réaliste – de l’accompagnement et du traitement des quartiers populaires, pointant « un système administratif épuisé, inefficace, émietté, tricheur ». L’ancien ministre considère ainsi que sur les 1 500 quartiers prioritaires de la politique de la ville, 200 sont « au bord du gouffre », 60 sont « dans la fracture » et 15 dans « l'affrontement ». Face à cette situation particulièrement dégradée, il en a appelé à « un vrai pacte avec la Nation », pour sortir ces territoires de l’impasse économique, sociale et politique dans laquelle ils se trouvent.

Plusieurs participants ont pointé la fatigue administrative des élus et techniciens des grandes villes, agglomérations et métropoles, face aux injonctions contradictoires et/ou aux procédés parfois dilatoires des services de l’Etat et de ses agences, dans le montage des dossiers ou les demandes de subventions. La rénovation urbaine a été notamment visée, alors que le deuxième programme peine à décoller (NPNRU) et que les demandes de documents s’accumulent, entre protocoles de préfiguration et conventions opérationnelles, au risque de ralentir les chantiers  et, partant, l’emploi et la croissance dans les territoires.

Invitées à s’exprimer sur leurs compétences propres, communautés et métropoles ont, à l’unisson, indiqué qu’elles souhaitaient aller plus loin dans le processus de décentralisation, notamment en matière d’habitat et de mobilités, rappelant les valeurs du manifeste France urbaine d’Arras de mars 2017, autour des notions de responsabilité, d’autonomie et de dialogue avec l’Etat.

Au total, c’est à un véritable changement de paradigme que les participants ont appelé, Jean-Louis Borloo indiquant opportunément que « la discrimination territoriale est un problème qu'une grande Nation peut traiter si chacun fait son boulot ». C’est instruit de ces remarques, tant sur les contenus que sur la gouvernance, que va être préparé un document-cadre qui sera signé par les présidents de France urbaine et de l’AdCF, Jean-Luc Moudenc et Jean-Luc Rigaut ainsi que Jean-Louis Borloo, lors des journées nationales de France urbaine, le vendredi 6 avril au matin, à Dijon.

Ce protocole d’accord, qui devrait être resserré pour se concentrer sur quelques enjeux structurants, rappellera que les agglomérations et métropoles sont plus que jamais volontaires pour prendre le pilotage des politiques de cohésion urbaine à l'échelle de leur bassin de vie, en dialogue intelligent avec l’Etat, au service de l’intérêt général et de l’Alliance des territoires. Plusieurs thématiques y seront abordées, en particulier l’éducation et la jeunesse, l’habitat, le numérique, la lutte contre l’illettrisme/illectronisme.

Contact : Emmanuel Heyraud

Date: 
Jeudi, 22 mars, 2018