Act'Urbaines
Culture et attractivité du territoire
13 septembre 2018

La capitale française de la culture, c’est parti !

La Ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a officiellement annoncé la création du label « capitale française de la culture » par la voix de sa directrice de cabinet, Laurence Tison-Vuillaume, le 12 juillet 2018 à Avignon. Elle a missionné Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du festival d’Avignon, afin qu’il produise un rapport de préfiguration de cette capitale, avec le soutien de France urbaine.

Contrairement à la capitale européenne de la culture, la capitale française ne vise pas à couvrir tous les secteurs d’une politique culturelle municipale mais à soutenir trois ou quatre grands projets innovants et pérennes, dans un cadre budgétaire raisonnable et qui resterait limité à une enveloppe budgétaire de 15 à 20 millions d’euros. L’État s’engage à couvrir 10% de cette dépense ainsi qu’une promotion internationale destinée à susciter un tourisme culturel d’envergure.

Villes cibles

La première édition concernera un groupe de villes dont la population est comprise entre 80 000 et 300 000 habitants. Cette première sélection concernera donc des villes-centres en région qui ne sont ni les grandes métropoles régionales (lesquelles visent plutôt le label européen) ni des villes de banlieue, ni les villes moyennes. Les éditions ultérieures se consacreront plutôt à ces groupes de villes. Le groupe cible pour 2021 comporte ainsi un peu plus d’une trentaine de villes et d’ores déjà un douzaine d’entre elles s’est déclarée prête à concourir.

Comité de pilotage

Un comité de pilotage suivra la mise en œuvre de ce projet avec des représentants de cinq ministères (Culture, Affaires étrangères, Éducation nationale, Intérieur, Cohésion des Territoires). Un jury d’experts indépendants à composition paritaire sera composé de professionnels reconnus dans l’organisation des grands événements culturels.

Calendrier

La première Capitale de la Culture devrait être désignée à l’horizon 2021. L’appel à candidature aura lieu à l’automne 2018. Six mois seront donnés aux villes candidates pour présenter leurs projets et au printemps 2019, la ville lauréate sera désignée.

Critères de sélection

Il ne s’agit pas d’imiter les Capitales Européennes de la Culture mais plutôt de distinguer l’innovation artistique, l’attractivité culturelle, et les nouvelles actions de médiation et d’éducation artistique et culturelle. Les critères de sélection seront donc les suivants :

1- L’innovation artistique

Le dossier doit mettre en valeur deux, trois ou plusieurs projets artistiques innovants, informant quels artistes seraient mis à contribution quel que soit le secteur d’activité artistique : spectacle vivant, mise en valeur du patrimoine, arts visuels et numériques, audiovisuel, médiation éducative et culturelle, édition d’œuvres, industries créatives… Il ne s’agit pas de couvrir tout le spectre des activités culturelles dont une ville peut avoir les responsabilités mais de mettre en exergue des projets artistiques spécifiques, originaux pouvant illustrer une spécificité de la ville.

2- L’éducation artistique et culturelle

Il sera tenu compte des projets mettant en avant les nouvelles formes d’éducation artistique et culturelle, priorité du ministère de la Culture, ainsi que les collaborations pouvant s’établir avec les établissements d’enseignement en liaison avec les rectorats.

3- Rayonnement et coopération internationale

Il sera tenu compte de la composante internationale des projets constituant l’ossature de la candidature. Cette coopération internationale peut être le fait de la commune elle-même, d’établissements publics, d’associations culturelles, d’entreprises, d’universités ou d’écoles supérieures d’art. Cette perspective internationale n’est pas limitée à l’Europe mais peut inclure des partenaires du monde entier.

4- Le tourisme culturel

Les projets mis en œuvre devront être mis en valeur au plan international, et avoir pour visée de susciter un tourisme culturel spécifique, domestique ou étranger. La ville candidate fera état de la capacité de ses infrastructures (hôtellerie, restauration, transports, réseaux informatifs, plan de communication) pour accueillir un flux touristique nouveau.

5- Durabilité

Les projets ne doivent pas être seulement événementiels mais devront se poursuivre au-delà de l’année visée et développer de manière durable le secteur culturel et créatif dont l’impact social, économique, culturel ou urbain doit être pluriannuel.

6- Capacité de mise en œuvre

Le dossier devra avoir fait l’objet d’une délibération des autorités politiques communales, intercommunales, départementales et régionales. Il devra inclure des engagements financiers. La mise en œuvre des projets devra préciser les ressources financières de fonctionnement ainsi que leurs modalités de financement, public ou privé. Un récapitulatif financier devra faire apparaître en valeur et en pourcentage les montants financiers tels que crédits publics, mécénat et partenariats privés, ressources propres (billetterie, vente de prestations et coproductions), les ressources d’origine internationale. Le budget de fonctionnement de la candidature ne saurait dépasser 15 à 20 millions d’euros (préparation, préfigurations et actions de l’année lauréate). Le dossier de candidature devra également décrire la structure de management requise, présenter le chef de projet et la composition des équipes envisagées.

7- Participation citoyenne

Le dossier devra décrire les actions de mobilisation des habitants, des usagers et des visiteurs dans le souci d’y intéresser tous les groupes sociaux et toutes les générations. L’accent sera mis sur les formes de médiation culturelle permettant de lutter efficacement contre les ségrégations culturelles. Il devra mentionner la participation des organisations culturelles, des établissements éducatifs et des artistes locaux. La ville donnera toute précision pour développer les activités de bénévoles et volontaires.

Jury

Un jury d’experts indépendants comptant une dizaine  de membres (à composition paritaire) sera désigné par un arrêté conjoint  des Ministres concernés : Culture, Affaires étrangères, Cohésion des territoires, Éducation nationale. Il sera composé aux deux tiers par des experts français et un tiers d’experts étrangers. Tous et toutes seront des professionnels reconnus dans l’organisation de grands événements culturels. Indépendants, ils ne devront être susceptibles d’aucun conflit d’intérêts potentiel avec une ville candidate.

Budget

La compétition pour obtenir le label ne doit pas conduire à une surenchère budgétaire. Il s’agirait plutôt de limiter les enveloppes budgétaires à 15/20  M€, sachant que 15 à 20% de cette somme doivent être consacrés aux études préalables, à la préparation du dossier et aux actions de préfiguration précédant l’année du titre.

La structure budgétaire pourrait se décliner ainsi :

- 35% à la charge de l’agglomération,
- 25% à la charge de la grande région de la ville siège (éventuellement complété par les départements selon les cas de figure),
- 15% en provenance du mécénat et sponsoring,
- 15% de recettes propres (billetterie et produits dérivés),
- 10% de l’État, cette somme étant à partager entre le ministère de la Culture, pilote du projet et les trois autres Ministères concernés.

L’engagement de l’État serait ainsi forfaitisé pour une somme de 1,5 M€ à répartir sur 3 exercices (2019/2020/2021).

Une réunion de présentation plus précise de la capitale, en présence de Bernard Faivre d’Arcier, se tiendra le vendredi 19 octobre de 11h à 13h, dans les locaux de France urbaine (22 rue Joubert, 75009 Paris). Les inscriptions sont à faire ici.

Date: 
Jeudi, 13 septembre, 2018