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Transition énergétique
29 novembre 2018

Les annonces présidentielles sur la transition écologique

En marge de l’installation, le matin même, du Haut Conseil pour le climat composé de 13 experts et chargé du suivi du respect par la France de sa trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, France urbaine – représentée par Jean-Patrick Masson, adjoint au maire de Dijon – a été reçue le 27 novembre à l’Elysée, avec les membres du Conseil national de la transition écologique pour entendre les annonces du Président de la République concernant la stratégie de transition écologique de la France, dans un contexte marqué par les manifestations des Gilets jaunes.

 

Le Président de la République Emmanuel Macron a commencé son discours en exprimant sa profonde compréhension vis-à-vis des mécontentements exprimés par les Gilets jaunes. Il a admis qu’il y avait une urgence sociale mais qu’il ne fallait pas pour autant renoncer à l’urgence climatique et au cap fixé pour réduire de manière drastique la part des énergies fossiles dans notre mix énergétique – celles-ci représentant en effet 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit aussi d’un enjeu d’autonomie pour notre pays, qui est actuellement dépendant des décisions d’autres pays producteurs de pétrole ou de gaz.

Il convient d’agir tant sur les déplacements, en développant les transports en commun et le covoiturage et en promouvant les technologies de véhicules propres, et sur les bâtiments, en axant les efforts sur le parc existant grâce à une enveloppe de 9 milliards d’euros, que sur les modes de production, en inventant une nouvelle industrie bas carbone.

Le Président de la République a rappelé son engagement de fermer toutes les centrales à charbon d’ici 2022, ce qui est un geste fort de la France alors que, parallèlement, d’autres pays continuent à en ouvrir. Il a confirmé un engagement résolu dans le développement des énergies renouvelables, grâce à la montée en puissance de la géothermie et de la méthanisation, à partir de déchets verts ou non, dans une optique d’économie circulaire. En matière d’électricité, la production éolienne sera triplée à l’horizon 2030 tandis que celle du photovoltaïque sera multipliée par cinq. Le premier parc éolien en mer sera mis en service au large de Saint-Nazaire d’ici la fin du mandat tandis que quatre nouveaux appels d’offres seront lancés. L’énergie hydraulique n’est pas oubliée.

S’agissant du nucléaire, le chef de l'État confirme le report de l’objectif de 50 % de nucléaire en 2035, et annonce, pour atteindre cet objectif, la fermeture de 14 réacteurs de 900 MW avant cette échéance :  la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2020, celle de 4 à 6 réacteurs avant 2030, et les autres dans les cinq années qui suivront. Le rythme dépendra des progrès qui seront réalisés d’ici là en matière de stockage de l’énergie, et du nombre de centrales à charbon qui fermeront dans les pays voisins. Il demeure en effet essentiel que le prix de l’énergie reste compétitif pour notre économie. Par ailleurs, EDF doit poursuivre ses recherches en vue de présenter d’ici à 2021 un programme visant à rendre l’énergie nucléaire à la fois compétitive et toujours plus sécurisée.

Emmanuel Macron souhaite inaugurer une nouvelle méthode avec les membres du Conseil national de la transition écologique afin d’aboutir à un ensemble de propositions concrètes et à un agenda des solutions et de protection. Les trois mois qui viennent seront employés à mettre en œuvre une véritable co-construction de la stratégie de transition écologique de la France, avec les nécessaires mesures d’accompagnement de la population. Cette co-construction, qui se fera au plus près du terrain, dans les territoires, devra impliquer l’ensemble des acteurs concernés, y compris avec les représentants des Gilets jaunes. Il constate que pour le moment, les réponses apportées sont trop abstraites, trop éloignées du terrain et qu’il faut des solutions tangibles, concrètes et simples dans leur utilisation.

Le chef de l’Etat a terminé son discours en revenant sur la crise des Gilets jaunes. Il a ainsi annoncé un dispositif permettant, en cas d’envolée du cours du pétrole, de ne pas répercuter de manière immédiate cette hausse sur les prix des carburants. Cette mesure sera intégrée dans le projet de loi de finances 2019 actuellement en cours de discussion au Parlement. Il propose également de systématiser les contrats de transition écologique avec des moyens associés. Analysant la crise actuelle comme une crise plus large de notre modèle démocratique, il appelle à la transformation de notre modèle économique et social. La société ne veut plus qu’on édicte des normes qui doivent s’appliquer de manière homogène sur l’ensemble du territoire national, elle est en demande de solutions concrètes, adaptées aux contextes locaux. Il appelle enfin à la construction d’un nouveau contrat social du XXIe siècle.

A la suite du discours du Président de la République, le Premier ministre est intervenu pour en préciser certains aspects. Il a notamment donné plus de détails sur la méthode de concertation : les différents collèges du Conseil national de la transition écologique seront invités très rapidement à formuler des propositions sur la manière d’organiser les débats territorialisés et d'y associer au mieux l’ensemble des acteurs. Dans la mesure où France urbaine n’est pas représentée au sein du Conseil national de la transition écologique, elle a formulé officiellement la demande d’être associée à cette phase de concertation qui s’ouvre. (Voir à ce sujet : Déclinaison territoriale des enjeux de transition énergétique)

 

Contact : Philippe Angotti

Date: 
Jeudi, 29 novembre, 2018