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Culture
Cohésion sociale et politique de la ville

Un colloque sur la lecture publique et la politique de la ville

04/07/2019

Le CGET, le ministère de la Culture, l’ABF et la Bpi ont organisé une journée autour du rôle des bibliothèques dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), le ministère de la Culture, l’Association des bibliothécaires de France (ABF) et la Bibliothèque publique d’information (Bpi) ont organisé le 4 juillet 2019 une journée nationale autour du rôle des bibliothèques dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Cette journée nationale avait pour objectif de rendre davantage convergente l’action des bibliothèques avec la politique de la ville et développer ainsi l’offre culturelle et de services à destination des habitants des quartiers prioritaires, et de favoriser les synergies entre lecture publique et politique de la ville en associant professionnels des bibliothèques, acteurs de la politique de la ville et élus.

Le programme de la journée, pendant laquelle sont intervenus professionnels des bibliothèques et de la politique de la ville et élus locaux, s’est appuyé sur les témoignages de territoires variés, allant de petites villes en banlieue de grandes villes aux métropoles elles-mêmes. Il s’est décliné en quatre tables rondes :

  • Comment se construit l’offre des bibliothèques destinée aux habitants des quartiers prioritaires ?
  • Quelle articulation entre deux politiques publiques : lecture publique et politique de la ville ?
  • Comment les bibliothèques développent-elles un réseau de partenariat ?
  • Comment les bibliothèques peuvent-elles faciliter l’accès aux services publics dans les territoires de la politique de la ville.

Les échanges ont montré qu’il existe une stratégie spécifique de l’installation et de l’action des bibliothèques en direction des quartiers en politique de la ville, et que quelques soient leurs thématiques, les actions menées dans les bibliothèques, mêmes culturelles, ont bien une visée d’insertion et d’accompagnement. Les publics jeunes sont majoritairement visés, en particulier l’enfance ou la petite enfance, de même que les non francophones et les personnes en situation d’insertion sociale.
Benoit Careil, adjoint à la culture auprès de la maire de Rennes, est intervenu sur l’articulation entre lecture publique et politique de la ville. Il est revenu sur l’approche de France urbaine pour ce qui concerne la politique de la ville qui se veut transversale, avec un souhait de sortir des silos pour faire converger différentes politiques municipales. Les bibliothèques, équipements culturels qui sont l’un des outils des politiques culturelles de la collectivité, mais aussi l’un des outils que l’on peut le mieux mobiliser au service d’autres politiques publiques, s’adaptent à chaque territoire.

Les grandes villes se sont mises en ordre de bataille après le rapport d’Erik Orsenna pour mieux ouvrir les bibliothèques. Cette impulsion avait été accompagnée d’une augmentation substantielle du concours particulier des bibliothèques au sein de la dotation générale de décentralisation, pour aider les collectivités à renforcer les équipes dans les moments de nouvelle ouverture le soir ou le dimanche. Cet afflux financier est toutefois venu a contrario de la contractualisation de Cahors, qui interdit à 322 collectivités d’augmenter leurs dépenses de fonctionnement de plus de 1,2% par an. Benoit Careil a ainsi regretté que toute nouvelle politique impulsée par l’Etat ne soit pas entièrement être financée par l’Etat qui, de manière contrintuitive, demande aux collectivités de diminuer leurs dépenses et leur demande dans le même mouvement de les augmenter…

En outre, les actions de bibliothécaires sont multiples, extrêmement variées, et épousent de plus en plus les besoins de leur quartier. Les bibliothécaires acceptent dans leurs murs un très grand nombre de partenaires qui ont pour objectif de soutenir les plus vulnérables : pôle emploi, les associations portant des actions de scribe public, de cours de français, etc. Les missions dont se sont emparés les bibliothécaires dépassent largement celles qu'on leur avait assignées initialement, et il y a certainement là un enjeu de reconnaissance pour eux.
Les conclusions de cette journée devraient rejoindre les travaux menés actuellement par le ministère de la culture, la mission inclusion numérique du conseil national du numérique, les associations de professionnels des bibliothèques et de l’inclusion numérique, et les associations d’élus, pour voir dans quelle mesure cette inclusion numérique peut se préparer dans les bibliothèques. Les conclusions de cette réflexion, et la manière dont elles pourront être opérationnalisées à l’issue des travaux du groupe de travail, seront particulièrement importantes et viendront compléter les réponses apportées pendant le colloque du CGET.