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Sport

Sport nature en ville : de nouvelles pratiques qui interrogent l'aménagement urbain

04/12/2019

Le 28 novembre, le Ministère des Sports a organisé, au siège de la Métropole de Lyon, une journée technique en partenariat avec France urbaine et la FNAU.

France urbaine était représentée par Roselyne Bienvenu, adjointe aux sports de la ville d’Angers, première vice-présidente d’Angers Loire Métropole et co-présidente de la commission sport de France urbaine.

En 2018, 55 % des Français ont pratiqué une activité sportive ou de loisir de nature au cours des douze derniers mois. Or, près de 80 % des Français vivent en ville. Tous n’ont pas la possibilité d’accéder aux espaces naturels et certains expriment le souhait de pratiquer leur activité dehors ou à proximité de chez eux.

Le développement du sport outdoor en ville apporte des réponses aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux spécifiques aux territoires urbains. Les objectifs poursuivis sont multiples : favoriser la pratique pour le plus grand nombre, créer des espaces adaptés aux modes actifs, revaloriser des quartiers en y introduisant les sports nature, organiser des évènements sportifs pour relier les habitants dans leur diversité d’âges, de conditions et d’origines.

Ces initiatives amènent à s’interroger sur la conciliation des usages, la gestion des espaces publics et l’optimisation des équipements dans un milieu urbain aux multiples fonctionnalités. Dans un contexte de renforcement des compétences des collectivités territoriales en matière de planification et d’aménagement urbain (PDU, PLUi, etc), la question était en effet de savoir comme organiser un développement maîtrisé et harmonieux du sport outdoor en milieu urbain

La journée, dense en échanges et débats a été l’occasion, devant une centaine de participants, de valoriser des expériences et initiatives novatrices d’acteurs locaux ayant ancré le sport outdoor en ville dans leur politique de développement, dont l’agglomération de Pau (équipement en eaux vives, canoë-kayak) ou la Métropole de Lyon qui compte aujourd’hui presque 1 000 km de pistes cyclables.

A Angers, chaque habitant peut jouir de 100 m2 d’espaces verts pour pratiquer ses activités sportives en plein air. L’enjeu relève aussi ici d’une politique de santé et de bien-être, la sédentarité étant considérée comme plus mortifère que le tabagisme, selon plusieurs études officielles. A Angers, des décisions fortes ont été prises par la collectivité avec un budget significatif, au service de la pratique des sports pour tous et de l’alliance des territoires. Roselyne Bienvenu a rappelé la nécessité de décloisonner le sport, parfois associé à une activité animationnelle ou récréative, avec des adjoint(e)s en charge fréquemment relégué(e)s dans l’ordre protocolaire des conseils municipaux ou communautaires. Elle a rappelé que des Etats généraux du sport seront organisés en 2020 sur le territoire d’Angers, avec une mise en exergue des bonnes pratiques comme les Parcours Topette et la place dédiée au digital pour encourager l’activité sportive.

Plusieurs intervenants ont insisté sur les voies et moyens de favoriser l’activité physique du plus grand nombre via les mobilités actives et douces, dont le vélo et la marche à pied. Et de rappeler que la pratique des sports en plein air était aussi un enjeu de transition écologique et énergétique. Enfin, il a été pointé le risque que ces pratiques ne concernent qu’une partie favorisée et sensibilisée de la population, avec l’impératif d’emmener toutes les catégories sociales des villes et métropoles, dont les hommes et femmes vivant dans les quartiers populaires où l’usage du vélo reste encore marginal pour se déplacer.