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Sport et Culture : sans anticipation possible, les grandes villes et métropoles s’organisent

05/11/2020

L’annonce du reconfinement et la traduction des mesures prises en cascade dans un temps restreint et sans anticipation possible ont obligé les collectivités locales à s’organiser à la hâte.

L’annonce du reconfinement et la traduction des mesures prises en cascade dans un temps restreint et sans anticipation possible ont obligé les collectivités locales à s’organiser à la hâte. C’est particulièrement le cas pour les grandes villes, grandes agglomérations et métropoles, qui ont su faire preuve d’organisation et d’adaptation exemplaires dans la gestion de leurs équipements sportifs et culturels.
 
Fermeture des Etablissements recevant du public (ERP) : s’adapter aux dérogations
 
En précisant les nouvelles mesures sanitaires de l’exécutif, le décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire permettait aux collectivités locales de s’adapter en conséquence.
 
Le reconfinement a entraîné de facto la fermeture des ERP, sous couvert de certaines dérogations auxquelles les collectivités locales étaient priées de se conformer. Il en va pour les équipements sportifs, dont l’accès doit être assuré pour les groupes scolaires et périscolaires, pour les sportifs de haut-niveau et professionnels, les éducateurs et coachs sportifs, personnels accrédités pour les activités sportives à caractère professionnel (staff technique et médical…), personnes en situation de handicap ou disposant d’une prescription médicale d’activité physique adaptés (APA)… La liste a été référencée dans un tableau par le ministère des Sports.
 
Les équipements culturels sont également fermés : c’est le cas des établissements d'enseignement artistique, qui bénéficient toutefois de dérogations. A ce titre, les grandes villes et métropoles ouvrent pour la plupart et lorsqu’elles le peuvent leur(s) conservatoire(s) pour les seuls pratiquants professionnels et « pour les élèves inscrits dans les classes à horaires aménagés (CHAM), en troisième cycle et en cycle de préparation à l'enseignement supérieur ». Mêmes aménagements pour les ERP de type « L », dont les salles de spectacles ou à usage multiple, qui pourront être ouverts dans le cadre de l'activité des artistes professionnels.
 
Click and collect, encadrement périscolaire… : maintenir des services publics sans faire fi des restrictions sanitaires
 
Malgré les conséquences dramatiques de la crise sanitaire sur le tissu associatif et les emplois des secteurs sportifs et culturels, le bloc local en tant que soutien et partenaire essentiel s’emploie au maintien autant que de possible d’un service public minimum. Le concours à la continuité culturelle se symbolise par le maintien du service des bibliothèques et le recours au « click and collect » : Marseille, Toulouse, Limoges, Orléans, Versailles, Roubaix, Avignon… les grandes villes sont nombreuses à le mettre en œuvre, dans un contexte marqué par la forte mobilisation des élus pour la réouverture des librairies. France urbaine avait d’ailleurs adressé après les annonces du reconfinement un courrier au Premier ministre concernant la fermeture des commerces de proximité, appelant à une « équité de traitement ».
 
Les services des sports des grandes villes et grandes agglomérations ont pour leur part démontré une fois de plus leur forte capacité d’adaptation et de réactivité, malgré le temps contraint et les nombreuses consignes et dérogations qui touchent le sport. Le principal enjeu reposait ces derniers jours sur les conditions d’accueil des élèves, dans une configuration qui refuse tout brassage des classes scolaires, temps périscolaire inclus. Les villes se sont organisées pour maintenir les créneaux et les accès aux équipements sportifs pour les scolaires, bien que certaines se soient émues d’annulations répétées de cours d’EPS par les établissements scolaires. Dans certains territoires, les classes des écoles primaires ne vont plus dans les équipements sportifs le décret se percute sur le renforcement du Plan Vigipirate, nécessitant une clarification par l’Education nationale.
 
Afin d’optimiser le fonctionnement des équipements et de rationaliser la mobilisation des agents et les dépenses des collectivités, un travail de recensement et de planification des temps d’occupation est en cours dans certains territoires, en lien avec les personnes éligibles à l’occupation des équipements sportifs (publics en situation de handicap, publics munis d’une prescription, sportifs professionnels…).
Les grandes villes, grandes agglomérations et métropoles s’emploient également à organiser l’encadrement des temps périscolaires, dont l’absence de perspectives de la part de l’Etat malgré la demande soutenue de la ministre des Sports peut s’avérer préjudiciable pour l’encadrement des jeunes, en lien avec la nouvelle logique sanitaire. L’organisation d’un groupe de travail à l’accueil périscolaire réunissant les collectivités territoriales a permis de faire entendre le bloc local sur la nécessité de mieux organiser et articuler, dans le cadre de la continuité éducative de l’enfant, les actions de l’Etat et des collectivités, et dans l’esprit de la nouvelle gouvernance du sport, en lien avec le privé et les représentants du monde économique.
 
Une continuité éducative qui concerne également le monde culturel, avec l’enjeu de maintenir et de renforcer le travail d’éducation artistique et de transmission au sein des écoles et établissements scolaires. Lorsque la copie juridique le permet, dans le cadre de conventionnement, des collectivités font intervenir en classe et dans ce contexte de crise sanitaire des professionnels de la culture : troupes, artistes, musiciens… afin de maintenir cette continuité culturelle éducative. Cet axe commun au ministère de la Culture, au ministère de l’Education nationale et aux collectivités territoriales constituera l’un des sujets forts des Conseils des territoires pour la Culture (CTC) qui se mettront localement en place.