Share
Développement économique

Régions - grandes agglomérations : un début de rapprochement autour du développement économique

03/10/2019

La commission "Développement économique" de France urbaine s’est réunie le 17 septembre 2019.
 

La commission développement économique de France urbaine, présidée pour l’occasion par Christian Tordo, vice-président de la métropole de Nice Côte d’Azur, s’est réunie le 17 septembre 2019.

Un point unique figurait à l’ordre du jour : la commission recevait en effet Annabel André-Laurent, présidente de la commission développement économique de Régions de France et vice-présidente déléguée à l’Économie et aux entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes, afin de dessiner les contours d’un travail en commun entre France urbaine et Régions de France qui montrerait et approfondirait la complémentarité des actions publiques régionales et locales au service du développement économique.
 
Annabel André-Laurent a rappelé les grands sujets du moment du point de vue des régions :

  • Les régions ont une dimension macroéconomique et sont la première entrée des entreprises vers la France ;
  • Les régions partagent leur attractivité et le développement territorial avec les grandes agglomérations ; elles s’appuient sur les métropoles pour attirer les regards sur leurs territoires partagés ;
  • l’Etat, en remaniant les DIRRECTE, se désengage de la proximité. Devoir gérer l’interface, en plus de l’absence d’ingénierie dans les pôles ruraux, place les métropoles dans une nouvelle relation avec les entreprises. Il y a donc un besoin de repenser les stratégies, les effectifs, les budgets, c’est-à-dire tout le rôle de la grande agglomération dans cet espace ;
  • L’Etat communique à outrance sur les dispositifs BPIFrance, mais il provoque ce faisant un manque de visibilité, en plus du manque d’ingénierie. Personne ne sait qui va porter les projets annoncés. Pourtant les enjeux sont immenses : avec 20 milliards d’investissements d’avenir prévus, les territoires ne peuvent être réduits à une aire de chalandise pour BPIFrance. Les régions réclament en conséquence des contrats d’objectifs et de moyens pour que les choses se fassent dans le bon sens ;
  • La loi Notre, qui semblait avoir mis en ordre toutes les collectivités, n’a pas réglé le problème des chambres consulaires, ou celui de la responsabilité des pôles de compétitivité. Ceci pose le problème de la visibilité pour les entreprises. Il ne faudrait pourtant pas rejouer le débat des compétences même s’il reste des clarifications à faire, mais plutôt réfléchir au partage des données sur les entreprises, ainsi qu’au partage des moyens, etc. ;
  • La spécialisation des territoires doit faire l’objet d’un travail conjoint entre régions et métropoles. Business France a un référent unique aux investissements pour palier l’absence de guichet unique, mais une coordination des actions des collectivités de tout ordre reste essentielle ;
  • L’enseignement supérieur et la recherche doivent être considérés dans une vision d’ensemble, pour éviter la concurrence entre établissements. Les CPER, pour être bien construits, doivent faire l’objet d’une entente entre la région et la métropole ;
  • Concernant l’orientation, la formation et l’emploi, qui doivent s’inscrire dans un continuum pour les régions, il y a nécessité de travailler avec les opérateurs de compétences (OPCO), les branches, les collectivités… Pôle emploi ne peut répondre aux besoins de compétence d’un territoire spécifique, car il ne pratique pas de gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC) territoriale. Faut-il soutenir les campus de formation interne aux entreprises, qui répondront aux besoins de l’entreprise ? Ces campus sont intégrés dans le luxe, dans l’horlogerie… Les métropoles peuvent toucher ceci du doigt.

 
Les représentants de France urbaine ont pour leur part insisté sur les points suivants :
 

  • La distance dans les nouvelles régions fait perdre des opportunités pour les chefs d’entreprise qui ne peuvent se déplacer sur de très longues distances ; il importe donc de créer des lieux intermédiaires où les accueillir ;
  • Les grandes agglomérations commencent à avoir une maturité sur le sujet du développement économique, pendant que les régions construisent des trajectoires de développement. Les deux échelons ont dépassé le moment du chevauchement des initiatives et peuvent aujourd‘hui travailler ensemble ;
  • BPIFrance est un facteur de complexification, qui duplique ce qui peut exister localement par ailleurs ;
  • Etre en accord sur les grands schémas n’est pas suffisant, puisqu’une métropole peut ne pas savoir quels sont les fonds alloués pour telle ou telle entreprise par la région (ou l’inverse), créant ainsi le risque d’un doublon. Les entreprises ont besoin de sas où on acceptera de partager les informations plus confidentielles. Ce dispositif existe en Bretagne, où la région a contractualisé avec l’ensemble des EPCI au sein d’un service public d’accompagnement des entreprises (SPAE) à la charge des EPCI. Ce SPAE se réunit tous les 3 mois ;
  • La transmission des documents peut parfois se faire dans des conditions difficiles, entre la région et la métropole, à l’exemple de la circulaire sur les CPER qui incluent un volet métropolitain, mais dont la transmission n’a pas été immédiate. Un sentiment de méfiance se diffuse avec ces pratiques ;
  • Les agences d’attractivité régionales et métropolitaines peuvent se faire concurrence.

Les participants se sont accordés sur la nécessité de déployer un travail par groupe et sur des thèmes à partir de novembre, pour aboutir en février à des propositions qui seraient prises en charge par les élus après mars 2020.
 
Une première piste de travail pourrait consister à examiner le partage des données sur les entreprises et la coordination, de manière générale, des actions menées tant par la région que par la grande agglomération.