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Urbanisme et logement

Logement : alerte sur les risques de retournement du marché

21/02/2019

France urbaine était partie prenante d’une conférence de presse organisée mercredi 20 février avec l’USH, la Fondation Abbé-Pierre, la Fédération française du bâtiment (FFB), l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) et l’Assemblée des communautés de France (AdCF) pour alerter le gouvernement sur les conséquences de sa politique du logement et inscrire cette thématique au centre du Grand débat national en cours.
 

Unis pour défendre une politique du logement plus ambitieuse, plusieurs intervenants ont rappelé les chiffres préoccupants de la construction, avec des permis de construire et des mises en chantier en recul de 7 % en 2018. Ce retournement du marché qui se dessine, sur fond d’efforts budgétaires demandés aux bailleurs sociaux et de réorganisation du secteur HLM, risque de peser significativement sur le marché de l’emploi local, sachant que pour un logement construit, ce sont deux emplois créés non délocalisables à la clé.
 
Du reste, le président de la FFB, Jacques Chanut a insisté sur la baisse l’an passé de 11 % des ventes en neuf dans l’individuel diffus et de 4% des mises en vente pour la promotion immobilière, avec des perspectives pour 2019 et 2020 guère plus réjouissantes.
 
Le biais budgétaire et financier retenu par le gouvernement à l’automne 2017, dans le cadre de la loi de finances 2018 est aujourd’hui au cœur des critiques adressées à l’exécutif. France urbaine s’était, dès cette époque, mobilisée fortement pour alléger les efforts demandés aux bailleurs sociaux via la réduction de loyer de solidarité (RLS, avec 850 millions d’euros en 2018 et 2019 puis 1,5 milliards d’euros pour 2020), en vain.
 
Les prévisions et préventions formulées alors par l’association semblent se confirmer, avec, selon l’USH, une baisse des fonds propres des organismes HLM, une contraction de la production de logements sociaux et très sociaux et des réhabilitations en repli. Des arbitrages doivent être désormais fréquemment opérés au détriment de la gestion urbaine et sociale de proximité (GUSP) et des habitants des quartiers populaires.
 
En filigrane, ce sont les politiques locales de l’habitat et programmations déclinées par les communautés, agglomérations et métropoles délégataires des aides à la pierre qui risquent d’être percutées et partant, les politiques de peuplement et d’équilibre des territoires organisées à l’échelle des bassins de vie.
 
L’enjeu qui est posé à ce stade est celui d’une relance du secteur du logement, alors que le cycle est en voie de retournement. Tous le constatent, y compris les promoteurs privés : opposer le secteur social au secteur libre n’est pas une bonne politique et ne correspond pas (ou plus) aux réalités de terrain. France urbaine, aux côtés de ses partenaires entend, dans les prochaines semaines, défendre une approche qui soutienne la filière et l’emploi et la croissance du pays.