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Politique de la ville
Solidarités

Les territoires urbains, territoires incontournables pour organiser la relance sociale

14/01/2021

Le 12 janvier, Johanna Rolland a échangé avec Nadia Hai, Ministre déléguée chargée de la Ville. Les territoires urbains sont incontournables pour organiser la relance sociale.

En attendant le prochain comité interministériel des villes (CIV) qui devrait se tenir le 29 janvier prochain, la présidente de France urbaine Johanna Rolland a échangé avec Nadia Hai, Ministre déléguée chargée de la Ville et est revenue sur la nécessité pour les habitants des quartiers prioritaires de profiter des crédits du plan de relance, alors que la pauvreté y augmente fortement depuis le début de la crise sanitaire.
 
Des métropoles incontournables pour organiser la relance sociale

A la suite de l’appel du 14 novembre de plus d’une centaine d’élus adressé au président de la République, il apparait indispensable de mieux cibler les crédits de France Relance vers les territoires et habitants les plus vulnérables. Dans ce contexte, les intercommunalités urbaines et métropoles, qui comptent toutes en leur sein des quartiers prioritaires de la ville (QPV) apparaissent comme le niveau de contractualisation pertinent, notamment dans la déclinaison opérationnelle des contrats de relance et de transition écologique (CRTE).

La Ministre Nadia Hai a indiqué que les CRTE auront un volet social, comme cela était demandé par France urbaine et de préciser qu’un travail à l’échelle départementale était engagé, entre les préfets et les maires et présidents d’EPCI. France urbaine a insisté pour que les maires des grandes villes aient un rapport direct avec les préfets afin d'être pleinement opérationnels. La présidente de France urbaine a pointé également l’importance de s’entendre avec l’Etat sur la méthode et la stratégie, avec un impératif de résultats notamment sur la question de la lutte contre les pauvretés et précarités.

Faire confiance aux territoires urbains…en attendant le projet de loi "4D"

Pour éviter le saupoudrage des crédits et la dispersion des énergies, l’Etat doit faire davantage confiance aux territoires urbains pour organiser leurs politiques de peuplement et de mixité sociale (via notamment les crédits de l’ANRU) mais aussi leurs politiques d’accompagnement social autour des enjeux d’insertion, d’emploi, de santé, de culture ou d’éducation. A titre d’exemple, le dispositif « 1 jeune 1 solution » s’adresse à ce jour à seulement 15% des jeunes des QPV. La montée en puissance est insuffisante alors que les collectivités ont du mal à s’y retrouver dans les différents guichets ouverts par l’Etat. France urbaine a, à ce sujet, demandé que les crédits de la DSIL puissent aussi concerner des dépenses de fonctionnement, en plus des crédits d’investissement.

Dans le cadre de la préparation du projet de loi dit « 4D », Johanna Rolland a aussi rappelé le souhait de France urbaine d’expérimenter dans les métropoles volontaires la délégation/transfert des crédits du BOP 147 (dit "Politique de la ville", soit environ 500 millions d’euros annuels), à l’image de la délégation des aides à la pierre, avec mise à disposition des moyens humains correspondants. Cela permettrait aux agglomérations qui le souhaitent et y sont prêtes d’exercer l’animation directe sur leur territoire de la politique de la ville, dans la gestion des contrats aidés, des financements associatifs, notamment en matière de programmes de réussite éducative, de promotion de la citoyenneté, de médiation sociale ou de prévention de la délinquance.

Vers un nouveau Pacte de Dijon pour une forte mobilisation des droits communs

Si la Ministre et France urbaine se rejoignent sur l’impératif de renforcer l’attractivité des quartiers, par des politiques dynamiques de l’habitat et de l’emploi, dans la suite des recommandations d’un récent rapport de la Cour des Comptes, c’est autour du droit commun à mobiliser de l’Etat que le bât blesse. En effet, sans une mobilisation puissante et interministérielle des droits communs de l’Etat, les lignes ne pourront bouger ou seulement à la marge, en matière de politiques de cohésion sociale et urbaine. En ce sens, France urbaine prépare, en lien avec l’AdCF un nouveau Pacte de Dijon post-Covid, sur la question des responsabilités réciproques de l’Etat et des communautés et métropoles dans un certain nombre de domaines structurants (éducation, logement, mobilités, développement économique, sécurité, santé).

A l’issue de l’entretien, une clause de revoyure a été actée avec France urbaine dans les trois mois pour faire le point avec la ministre sur les avancées et les correctifs à apporter le cas échéant, concernant la déclinaison du plan de relance dans les quartiers populaires. Les coprésidents de la commission « Politique de la ville et cohésion sociale », Michel Bisson, président de Grand Paris Sud et Frédéric Leturque, président de la communauté urbaine d’Arras (ndlr : qui représenteront France urbaine au prochain CIV) seront associés à cette démarche d’évaluation partagée.