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Santé

Les territoires urbains, fédérateurs des acteurs de la santé sur leur territoire

19/11/2020

La commission « Santé » de France urbaine s’est réunie le 18 novembre 2020, pour la séance inaugurale de ce nouveau mandat 2020-2026.

La commission « Santé » de France urbaine s’est réunie le 18 novembre 2020, sous la co-présidence de Grégory Doucet, Maire de Lyon, et Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges, pour la séance inaugurale de ce nouveau mandat 2020-2026. L’occasion pour les élus présents d’échanger sur une feuille de route largement impactée par la crise sanitaire, mais qui doit permettre de poser les jalons, dans la perspective notamment de la loi « Décentralisation, Déconcentration, Différenciation, Décomplexification » dite « 4D », d’une organisation territoriale renouvelée en matière de santé.
 
Pour une approche globale de la santé
 
L’ensemble des participants a d’abord tenu à rappeler la responsabilité fondamentale des territoires urbains en matière de santé. Par l’ensemble de leurs compétences – qu’il s’agisse du transport et de la lutte contre la pollution de l’air, du logement ou de la lutte contre les perturbateurs endocriniens. Ce qui s’inscrit dans l’approche globale de la santé définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ». A ce titre, les territoires urbains sont parmi les premiers artisans de l’écosystème de santé dans lequel évoluent leurs habitants, et assument une responsabilité générale au-delà des strictes logiques de compétences.
 
Vers une reconnaissance des territoires urbains en tant que fédérateurs des acteurs de la santé sur leur territoire
 
Les participants de la commission « Santé » ont entériné les propositions formulées par France urbaine dans le cadre de la loi « 4D » à venir, visant à replacer les territoires au cœur de la structuration de notre organisation territoriale. Parmi ces propositions :
 

  • Rénover le dialogue avec les Agences Régionales de Santé en renforçant leurs délégations départementales pour un dialogue de proximité : sur ce point, la proposition a été entendue dans la mesure où les conclusions du Ségur de la Santé ont repris cette proposition pour en faire un axe de travail collectif ;
  • Construire une meilleure articulation des périmètres sanitaires pour intégrer davantage encore la santé dans les projets de territoire. De nombreux périmètres coexistent en matière sanitaire : projets territoriaux de santé (PTS), communautés professionnelles de santé (CPTS), contrats locaux de santé (CLS) et conseils locaux de santé mentale (CLSM). Il importe de renforcer l’articulation de ces différents dispositifs avec les projets de territoire portés par les élus, qui contribuent directement, par l’ensemble de leurs compétences, à la construction globale de l’écosystème de santé. Cela peut notamment passer par une capacité d’initiative des élus locaux pour inciter à la constitution de CPTS lorsqu’elles n’existent pas, mais également l’adéquation plus systématique des périmètres des CPTS et CLSM.
  • Généraliser et accélérer la couverture du territoire en Contrats locaux de santé (CLS) et intégrer cette dimension dans une approche globale territoriale (en lien avec les CPER, les fonds européens, les contrats de relance et de transition écologique…) ;
  • Systématiser l’inscription d’un volet « santé mentale » dans les CLS : cette nécessité était déjà pointée par France urbaine dans le cadre des travaux du Groupe Contact Ma Santé 2022 ; les effets de la crise sanitaire en ont fait une priorité renforcée.

 
Des sujets majeurs dont la commission « Santé » se saisira lors de ses prochaines rencontres
 
La réunion inaugurale a permis d’identifier un certain nombre de sujets à mettre à l’ordre du jour des prochaines réunions de la commission « Santé » de France urbaine. Parmi eux :

  • L’enjeu de la santé mentale, qui nécessite un effort particulier, en particulier pendant une crise sanitaire qui a exacerbé les difficultés psychologiques et psychiatriques des habitants et nécessite une réponse d’ampleur et coordonnée de l’ensemble des acteurs ;
  • L’enjeu de la « démocratie en santé », et de la place des usagers – à renforcer – dans l’organisation et l’animation de l’écosystème de santé et de soins ;
  • L’enjeu de la prévention, largement abordé par les membres de la Commission
  • La question de la santé dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), lesquels ont été particulièrement touchés par l’épidémie de Covid-19.

La prochaine commission se déroulera le 16 décembre prochain, avec notamment pour objet la problématique de la Santé mentale. Un recensement sera également enclenché par France urbaine afin de documenter la façon dont les villes, grandes agglomérations et métropoles se sont mobilisées pendant la crise sanitaire et la manière dont elles ont assumé de fait de nouvelles missions au service de leurs habitants.