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Culture
Education

Le HCEAC à l’écoute des villes laboratoires du 100% EAC

13/02/2020

Le Haut Conseil pour l’Education Artistique et Culturelle (HCEAC) organisait le 12 février 2020 un séminaire sur l’objectif 100% EAC.

Le Haut Conseil pour l’Education Artistique et Culturelle (HCEAC), dont le vice-président, Emmanuel Ethis, est recteur de l’académie de Rennes, organisait un séminaire sur l’objectif 100% EAC, qui vise à garantir un accès à une éducation artistique et culturelle (EAC) pour 100% des enfants d’une commune.

Priorité nationale sous quasiment tous les ministres de la culture successifs, l’EAC est considérée comme une part essentielle dans la formation de chaque enfant qui lui donnera les clés d’une meilleure compréhension du monde et en fera un citoyen à l’esprit critique et à l’imaginaire fécond.

Le HCEAC a pour mission de mettre en œuvre des initiatives concrètes incarnant les recommandations inscrites dans la « charte pour l’éducation artistique et culturelle », qui fixe les grands principes de l’EAC et constitue un document de référence pour l’ensemble des acteurs. Ce séminaire avait pour objectif d’échanger à partir des expériences menées dans les villes du « Collège 100% EAC », qui réunit les représentants de dix villes laboratoires, et dont Cannes, Rennes et Metz sont les représentantes pour les adhérents de France urbaine.

A Cannes comme à Rennes, des dispositifs très avancés

A Cannes, la coordonnatrice de l’EAC a indiqué que la démarche officielle avait été engagée dès 2017, en s’appuyant sur des actions commencées dès 2007. La ville dispose d’un réseau culturel très actif : l’association Cannes cinéma, le conservatoire et ses dumistes, le réseau des médiathèques, deux musées, un théâtre… les équipements forment un tissu culturel dense, qui a l’habitude de travailler avec un public jeune.

Dans le primaire, 88% des enfants touchés par l’EAC en 2017 sont devenus 100% des élèves en 2019 dans les écoles primaires et les collèges. Les propositions sont pensées pour coller avec le programme scolaire. Au niveau du lycée, 91% des élèves sont touchés, mais les enjeux du bac contraignent le temps disponible.

Il a d’abord fallu fédérer les actions et repérer le rôle et l’action de chacun des acteurs. Beaucoup de coordination a donc été nécessaire pour coordonner les intiatives, et la ville envisage à présent de transversaliser les actions avec les services de la politique de la ville, de la jeunesse et de l’environnement.

Un comité de pilotage se réunit deux fois par an, en novembre et avril, pendant lesquels les situations compliquées sont examinées. L’un des défis a ainsi été d’organiser des formations conjointes pour les enseignants des 1er et 2nd degrés avec les animateurs et les médiateurs.

Pour mener ses projets, la ville de Cannes a dépensé 1,5 million d’euros (résidence, personnels, transports d’élèves). L’objectif est à présent de renforcer l’offre de projets annuels, notamment vers la petite et la très petite enfance, avec des interventions dans les crèches. La fédération des acteurs autour des projets périscolaires est aussi essentielle, notamment les partenaires associatifs. Une attention particulière est portée à la mobilité, pour pouvoir faire venir les enfants dans les lieux de culture et les médiations culturelles qui y sont organisées.

A Rennes, qui accueille sur son territoire 220 000 habitants dans une métropole de 400 000, 50 000 enfants sont scolarisés. La ville appuie son action EAC sur une soixantaine de structures culturelles, cent structures d’accueil péri et extrascolaire, et soixante lieux pour la petite enfance. C’est donc un territoire riche et dynamique, au bilan EAC complexe à mettre en place.

La ville a voulu recenser l’action EAC possible chez tous ces acteurs en lançant une vaste enquête, dont le bilan fait état en 2019 de 13 400 heures d’intervention EAC à destination de 70 000 jeunes, pour une offre de grande diversité, ente visites de musées, ateliers de pratiques artistiques, ou résidences d’artistes. L’analyse permet d’identifier le taux de couverture, mais aussi la capacité des établissements scolaires à tisser du lien, et la typologie des activités proposées. Comme à Cannes, si la ville arrive à toucher 100% des élèves d’école et du collège, seuls 40% des lycéens sont accessibles.

Ailleurs, des ambitions moindres mais des résultats importants

Dans les villes plus petites, à l’exemple de Carros dans les Alpes-Maritimes où habitent 12 000 personnes, on souligne l’importance de l’aspect politique qui permet une action politique et le repêchage budgétaire : certains budgets ont été refléchés, sont moins éparpillés, mais la prise de conscience est difficile à déclencher et beaucoup de pédagogie est nécessaire. La ville atteint quasi 100% des enfants grâce à un guide qui permet de travailler avec les enseignants.

La ville a signé la convention de généralisation 100% en mars 2019, et la ville s’est attelée à structurer son offre. Trois structures culturelles principales : un centre d’art, une médiathèque et une association sont sous convention triennale.

La ville a principalement déployé ses efforts sur le temps scolaire, pour faciliter la problématique du suivi individuel. La ville propose ainsi vingt projets, travaillés conjointement par les médiateurs et les intervenants. Dans ce type de collectivité, comme dans les plus grandes villes, une part importante des projets n’est possible que grâce à une action de recherche de mécénat importante.