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Cohésion sociale et politique de la ville

Le gouvernement installe le club des collectivités "Logement d'abord"

21/12/2018
Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales et Julien Denormandie, ministre en charge de la ville et du logement ont installé, jeudi 13 décembre, le club des élus impliqués dans le programme de mise en oeuvre accélérée du plan Logement d’abord et dans la lutte contre le sans-abrisme. Les 23 communautés, métropoles et départements qui avaient été retenus lors du lancement de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) à l’automne 2017 ont été conviés au ministère pour faire un premier retour d’expériences et échanger sur les bonnes pratiques. France urbaine et l’AdCF étaient représentées par Marie-Christine Detraz, vice-présidente en charge de l’habitat à la communauté d’agglomération de Lorient.

Le plan pour le logement d’abord ambitionne, pour sortir des dispositifs d’hébergement d’urgence saturés et des nuits d’hôtel souvent coûteuses, une nouvelle approche de l’accès au logement pour les personnes sans-domicile. Il repose sur une logique visant à réorienter rapidement et durablement les personnes sans-domicile de l’hébergement vers le logement comme condition première à l’insertion sociale, grâce à un accompagnement adapté, modulable et pluridisciplinaire, sur le modèle emprunté aux pays scandinaves du Housing first (un chez soi d’abord).
 
Il a vocation à renforcer et à s’inscrire dans la dynamique partenariale des programmes locaux de l’habitat (PLH), en direction des nombreux acteurs de l’insertion et en cohérence avec les plans départementaux pour l’accès au logement et à l’hébergement des personnes défavorisées (PDALPD).
 
Pour certains territoires signataires de l’AMI, la mise en œuvre du plan a débuté avec une meilleure connaissance des publics concernés. A cet effet, la ville de Toulouse va engager une opération de repérage des personnes sans-abri en s’appuyant, comme l’a expérimenté récemment la ville de Paris, sur des équipes de bénévoles, réalisant un recensement une nuit donnée. D’autres collectivités souhaitent s’engager dans cette démarche, à l’instar des métropoles de Metz et Montpellier.
 
La même ville de Toulouse créera, d’ici deux ans, deux pensions de familles pouvant accueillir 40 personnes isolées, sélectionnées par le service intégré de l’accueil et de l’orientation (SIAO) et souhaite construire deux pensions de famille par an, après 2020.
 
La communauté d’agglomération de Lorient, épaulée par l'Etat et en lien avec ses partenaires entend, pour sa part, « étendre ses dispositifs à l'ensemble du territoire, afin de permettre l’accès au logement aux publics les plus vulnérables » a expliqué Marie-Christine Detraz. « Ce club doit être l’occasion d’écouter les acteurs territoriaux afin de s’adapter à leurs réalités » a-t-elle ajouté.
 
L’on peut se féliciter de la mise en place du club des « Territoires de mise en œuvre accélérée du plan Logement d’abord ». Ce cadre national est, en effet, un facteur de réussite pour plus de lisibilité et de stabilité des moyens mobilisés. Il est toutefois indispensable d’en territorialiser la mise en œuvre : il existe, du reste, des clubs régionaux du Logement d’abord, à l’instar de celui  d’Occitanie (rassemblant les villes et métropoles de Montpellier, Nîmes et Toulouse).
 
Cela suppose également que les moyens soient au rendez-vous. Une enveloppe de 2 000 PLAI à bas niveau de loyers a été identifiée sur le budget du fonds national des aides à la pierre (FNAP, désormais présidé par Frédéric Sanchez, président de la métropole de Rouen). Il importe de sanctuariser ces crédits mais aussi d’aller chercher des moyens consacrés à l’accompagnement.
 
Autrement dit, la mise en oeuvre du Plan Logement d’abord ne doit pas venir supprimer les crédits des autres dispositifs, en particulier les crédits liés à l’hébergement. Il a été, par ailleurs, signalé à plusieurs reprises par les élus que le dispositif de contractualisation contraignait fortement les dépenses locales et que ce dernier gagnerait à être rapidement assoupli. Jacqueline Gourault a pris l’engagement de regarder très attentivement ce dossier, en lien avec les services du premier ministre.
 
En termes quantitatifs, le ministère a indiqué que, depuis le début de l’année 2018, le programme Logement d’abord s'est traduit par plus de 11 000 attributions de logements sociaux à des personnes sortants de l’hébergement d’urgence et par la création de 4 600 places d’intermédiation locative dans le parc privé. 
 
Pour rappel, le plan quinquennal vise trois objectifs, avec des temporalités différentes : produire 40 000 logements très sociaux par an dès 2018, ouvrir sur cinq ans 10 000 places en pensions de famille pour les personnes isolées en situation d’exclusion et créer, sur les cinq prochaines années, 40 000 places supplémentaires, principalement dans le parc locatif privé via les dispositifs d’intermédiation locative. 
 
Ci-après le communiqué de presse signé par France urbaine, l’AdCF, l’ADF, Villes de France et l’Etat à l’issue de la réunion