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Culture

Le Conseil national des professions d’art visuel est officiellement installé

20/06/2019

Le CNPAV a vocation à identifier les moyens d’une régulation des conditions d’exercice des professions des arts visuels.

 

Le ministre de la Culture Franck Riester a officiellement installé le 18 juin 2019 le Conseil national des professions d’art visuel (CNPAV). Composé des représentants de tout le secteur (artistes auteurs, éditeurs, critiques d’art, syndicats, galeristes, élus locaux…), le CNPAV a vocation à identifier les moyens d’une régulation des conditions d’exercice des professions des arts visuels.

Un constat négatif malgré des efforts louables
Avec le CNPAV, le ministre a indiqué tirer le constat des fragilités et de la paupérisation qui affectent ces champs de la création : sur les 65 000 auteurs des arts visuels rattachés au régime social des artistes-auteurs, seuls 10 000 perçoivent un revenu supérieur à 1430 € par mois en moyenne sur cinq ans. C’est donc pour trouver des solutions à cette injustice faite aux artistes auteurs qu’il a voulu chercher avec les acteurs du secteur le moyen de renforcer l’efficacité de l’action de l’Etat. Cette dernière n’est pourtant pas totalement inexistante.
En effet, le ministère déploie cinq axes principaux d’intervention :

  • le soutien à la création, pour élaborer des dispositifs permettant l’intégration et la diffusion de la création artistique dans le cadre de vie, et en assurer la mise en œuvre sur l’ensemble du territoire. Ce soutien prend diverses formes, au rang desquelles la commande publique artistique, ou encore la mise en œuvre des procédures qui permettent l’enrichissement, la valorisation et la conservation des fonds publics d’art contemporain, des collections publiques et des biens culturels relevant de son domaine de compétence.
  • le soutien aux artistes et aux professionnels des arts visuels. L’Etat, garant de l’organisation de l’écosystème des arts visuels, élabore la réglementation relative à la situation sociale et fiscale des artistes et des professionnels ; à leur formation continue. 
  • la structuration de l’écosystème public et privé, en collaboration avec les galeries d’art, les collectionneurs, les fondations, les foires…  Elle concerne par exemple des enjeux liés à la fiscalité, aux lieux de diffusion, ou encore à la visibilité de la scène française à l’étranger.
  • le pilotage d’une politique en faveur des métiers d’art, du design et de la mode, qui est assuré avec la direction générale des entreprises, au ministère de l'Economie et des finances.
  • le pilotage de la politique du ministère en faveur de la photographie et des photographes. Cet axe a été consacré par la création d’une délégation à la photographie, en 2017.

Des priorités nouvelles
Le ministre a annoncé vouloir renforcer ces axes et développer trois grandes priorités pour les faire évoluer. Tout d’abord en faisant de la France une place forte de l’art, pour promouvoir davantage la scène française au plan national et international, en appuyant l’action du ministère sur les réseaux de lieux de diffusion, de production et d’acquisition d’œuvres d’artistes vivants :

  • les centres d’art et les Fonds régionaux d’art contemporain,
  • le réseau des écoles supérieures d’art, nationales et territoriales,
  • les dispositifs de soutien aux artistes mis en œuvre par les DRAC,
  • et le Centre national des arts plastiques

De plus, en renforçant la présence des artistes et des œuvres sur l’ensemble du territoire, hexagonal et ultra-marin, au travers de la commande d’œuvres dans l’espace public, mais aussi grâce à une politique de soutien aux nouveaux lieux de production, et grâce aux résidences d’artistes.
Enfin, en accompagnant mieux la filière des arts visuels : mise en œuvre de dispositifs de soutien aux artistes, mais aussi concertation avec les professionnels et les actions du ministère de la Culture afin de défendre les droits fiscaux, sociaux et économiques des artistes, en particulier en ce qui concerne le droit d’auteur, le régime social, et la rémunération. La transposition de la directive européenne sur le droit d’auteur sera l’occasion de renforcer le financement de la création et des créateurs. Cette directive a permis de mettre en avant la juste rémunération des créateurs, et le ministre recommande d’utiliser ce nouvel outil pour changer les habitudes en mettre en place le droit de présentation publique, pourtant prévu depuis de nombreuses années.
Le ministre est aussi revenu sur les schémas d’orientation et de développement des arts visuels (SODAVI), pour se réjouir qu’une démarche laissée à la main des acteurs arrive à mobiliser de nombreux participants et donne lieu, à l’échelle des territoires, à des échanges nourris, et à des propositions pour mieux travailler ensemble.
Nathalie Kerrien, adjointe au maire d’Orléans en charge de la culture, représentait France urbaine au sein du CNPAV. Elle est revenue sur ce droit pour dire sa conviction que les artistes devaient être rémunérés pour leur travail. Elle a toutefois appelé le ministre à regarder dans quelle mesure ce nouveau financement auquel étaient poussées les grandes collectivités pouvait être sorti du fameux contrat de Cahors, qui limite à 1,2% l’augmentation des dépenses de fonctionnement de ces dernières.
D’ores et déjà mis en œuvre chez certains adhérents de France urbaine, le droit de présentation implique une rémunération de l’artiste auteur à chaque accrochage, ce qui ne sera pas forcément possible dans toutes les collectivités, et notamment les plus petites.