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Mobilités
Covid-19

La reprise des transports dans les villes, un enjeu majeur du déconfinement

30/04/2020

Avec la réouverture des écoles, des crèches et la situation des plus précaires, les transports est l’un des domaines pour lesquels existent à la fois attentes et inquiétudes.

Une contribution « transports » publiée le 24 avril pour préparer le déconfinement
 
Avec la réouverture des écoles et des crèches, sans oublier l’aggravation des situations pour les plus précaires, les transports est l’un des domaines pour lesquels existent à la fois attentes et inquiétudes. France urbaine en est pleinement consciente. Grâce au travail permanent mené avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, les opérateurs, les autres associations d’élus au rang desquelles l’irremplaçable Groupement des autorités responsables de transport (GART), l’association y travaille, au rythme de multiples réunions hebdomadaires.
 
France urbaine a d’ailleurs publié une contribution commune avec le GART sur la préparation du déconfinement sur le thème des transports le 24 avril dernier,  permettant d’aider les collectivités mais également signifier à l’Etat nos attentes et exigences.
 
Une mobilisation exceptionnelle des personnels
 
Il est utile de rappeler tout d’abord que les transports publics ont pu être maintenus sur l’ensemble du territoire national au plus fort de la crise, grâce à leurs personnels, afin notamment que les soignants puissent rejoindre les hôpitaux. Le 11 mai, il faudra faciliter et permettre les déplacements professionnels, mais également la capacité d’aller voir ses proches, d’aller à l’école. Il est indispensable que cette mobilité s’effectue en pleine sécurité.
 
Pour cela, il y aura notamment un renforcement des gestes barrière et de la sécurité sanitaire : ne pas se croiser de trop près, obligation du port d’un masque et distanciation avec une place sur deux non-occupée... Cela suppose que, par simple calcul, seulement 50 % des usagers habituels aient des besoins de mobilité lors de la reprise. La mise en circulation de 100 % de l’offre disponible en temps normal répondrait à cette exigence.
 
Cela ne peut se réaliser que si l’Etat et les employeurs maintiennent et renforcent la nécessité de télétravail, les dispositifs d’absence et mettent en place des horaires décalés. Ce n’est évidemment jamais aussi si simple que cela, cela étant une moyenne qui ne prend en compte ni les lignes habituellement fortement surchargées, ni les contraintes de la reprise (chauffeurs malades, matériel demandant un complément d’entretien impossible lors de la crise avant d’être remis en circulation…).
 
Cette situation suppose une mobilisation exceptionnelle des personnels (contrôle, nettoyage fréquent, arrêt prolongé en station pour permettre la distanciation physique …). Cette mobilisation de la totalité de l’offre de transports avec une fréquentation réduite pour des motifs sanitaires aura un coût important pour les collectivités, qui s’ajoute aux centaines de millions d’euros non perçus pendant la crise tels que le versement mobilité et les recettes des titres et abonnements. Cet effort ne pourra s’effectuer qu’avec la compensation financière, annoncée de l’Etat, au risque de voir disparaître plus encore de lignes, de solutions de mobilité sûres et moins polluantes.
 
Eviter les engorgements routiers, l’autre enjeu pour le secteur
 
L’autre enjeu est de rassurer les usagers des transports afin d’éviter des engorgements de voitures particulières et les risques inhérents (prolongement des durées, pollution, accidentologie …). France urbaine en appelle à la responsabilité de chacun, comme l’a rappelé le Premier ministre le 28 avril à l’Assemblée nationale.
 
Il est ainsi nécessaire de proposer des alternatives pertinentes à l’autosolisme. Cela peut passer notamment par le co-voiturage, avec, pourquoi pas, un stationnement gratuit, en attendant que la loi autorise enfin la responsabilité locale de péages inversés, privilégiant financièrement celles et ceux qui ne prennent pas seuls leur voiture. De nouvelles lignes de bus express entre deux pôles ou pour relier des territoires mal desservis vers une gare doivent impérativement être mettre mises en service. ll nous faut multiplier les solutions permettant le vélo en ville, l’utilisation de vélos ou autres modes sans nécessairement en être propriétaire via le free-floating par exemple. Tous ces progrès majeurs pour nos conditions de vie quotidienne ont déjà été réfléchis. Ils existent mais ne sont pas toujours suffisamment déployés. Il est indispensable, du fait de la crise et de la reprise, de les multiplier très fortement et sans les délais parfois longs d’autorisation. Le rôle de France Mobilités, dont France urbaine est l’un des acteurs actifs, est précieux et appelle à la réactivité.
 
Enfin, lors de la reprise et dans la détermination de ses enjeux financiers, France urbaine est consciente que l’une des priorités majeures est de financer les projets de transports collectifs et les modes doux, aussi bien ceux déjà prévus ou en cours de travaux mais retardés du fait de la crise mais également de nombreux autres qui doivent constituer une réponse à ce changement de paradigme. Les enjeux sociaux et environnementaux qui en découlent sont une impérieuse nécessité.