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Education et petite enfance

La commission éducation s’intéresse au bâti scolaire

17/10/2019

La commission a reçu la Banque des territoires et le Ministère de l’Education nationale venus présenter le résultat de leurs travaux en commun, sur l’école de demain.

La commission éducation de France urbaine, qui s’est réunie le 9 octobre 2019, a reçu des représentants de la Banque des territoires et du Ministère de l’Education nationale venus présenter le résultat de leurs travaux en commun, mené dans le cadre d’un protocole de partenariat signé fin 2018, et qui visait à anticiper l’école de demain, gérer l’existant et le faire évoluer.
 
La Banque des territoires voulait développer une meilleure articulation entre ses offres financières et son accompagnement en termes d’ingénierie autour du bâti scolaire,. Elle a pour cela mandaté un bureau d’étude qui a tenté d’apprécier les besoins des communes en matière de patrimoine scolaire, et conclu à un besoin d’ingénierie très variable selon le niveau de la collectivité.
 
Le Ministère de l’Education nationale a profité de cette occasion pour créer une cellule « bâti scolaire » afin de répondre au besoin d’une action du ministère sur les enjeux sanitaires et patrimoniaux, qui prendrait en plus en amont les incidences bâtimentaires des initiatives ministérielles. Cette cellule vise aussi à proposer aux collectivités et aux agents de l’éducation nationale une palette de ressources visant à construire l’école de demain, par l’évolution des pratiques pédagogiques, en intégrant la transformation numérique, le tout sans approche normative. Dernier intérêt : aider à la transition écologique du patrimoine scolaire. L’approche se veut collaborative avec les collectivités locales.
 
La commission a souhaité rappeler aux représentants du Ministère et de la Banque des territoires que l’école peut avoir plusieurs vies, qu’elle n’est pas que lieu d’enseignement. Le temps utile du bâtiment n’est en outre pas majoritairement scolaire. Il faut donc penser le bâtiment dans sa ville, dans son contexte, par exemple de celui des transports. Le contenu des bâtiments doit aussi être pensé, ainsi que la formation des enseignants qui craignent de ne pas savoir faire dans un nouvel environnement. En outre, la raréfaction des terrains doit être prise en compte, et dans le contexte de la transition écologique la ville tend à se reconstruire sur elle-même : une école peut devenir autre chose à une autre époque. La question des cours d’école, lieux de violence, doit être pensée aussi, de même que les bâtiments annexes tels ceux dédiés à la restauration scolaire.
 

Expérimentation d’une ingénierie territoriale dédiée au bâti scolaire
 
Avec sa nouvelle offre issue de l’étude, la Banque des territoires mettra à disposition des collectivités et des établissements un consortium d’experts capables de traiter de l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour aider à bien formuler les besoins et en même temps proposer un plan d’action et un plan financier cohérents. A partir de novembre, une expérimentation de trois mois se déploiera sur trois territoires : la Meurthe et Moselle, l’Indre et Loire et les Yvelines.
 
L’intervention prendra la forme de 20 projets sur les trois territoires, aménagement d’espaces, construction d’un groupe scolaire, d’un gymnase, réflexion sur les tablettes en lycée, un CDI en collège… L’expérimentation donnera lieu à un retour d’expérience en décembre 2019, qui conduira le ministère à préparer une feuille de route dans les académies projet par projet pour commencer des chantiers en 2020, avec des premières livraisons dès le début 2020 pour accompagner des vagues de chaleur éventuelles. Les membres de France urbaine sont appelés à signaler les projets innovants sur les écoles en termes d’adaptation des locaux aux enjeux pédagogiques ou de sécurité.
 

La grève des agents dans l’école et la mise en place du service minimum
 
La commission a échangé sur les pratiques mises en place dans les villes. L’exemple de Rennes, où l’accueil a été institutionnalisé mais ne concerne pas les crèches, les déchets, ou la voirie qui sont malgré tout repérés comme étant prioritaires, a été présenté en priorité.
 
Une note de service a instauré le mode de fonctionnement : les agents dont les missions ont pour objet l’accompagnement quotidien des enfants, leur restauration, leur accueil, etc. sont obligés de se déclarer grévistes 48h avant le début de la grève, et ils ne peuvent exercer leur droit de grève qu’à leur prise de poste et non plus en cours de service. Le jour de grève mobilise beaucoup de monde pour gérer l’accueil, notamment parce qu’il implique un travail important de communication à destination des usagers, beaucoup d’affiches notamment. La réforme du droit de grève est efficace pour des grèves isolées, sur des motifs nationaux.
 
Un point de fragilité toutefois : l’agent n’a pas à faire savoir combien de temps il va faire grève. Rennes lui demande pourtant, car la durée de la grève est essentielle pour organiser l’accueil. Avec les remontées en temps et en heure, il est plus simple d’informer les familles. Les référents périscolaires sont principalement à la manœuvre en étant les relais locaux de la municipalité.