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Johanna Rolland : « L'Etat doit travailler main dans la main avec France urbaine sur le Plan de relance »

09/12/2020
La présidente de France urbaine a accordé un entretien à Objectif Métropoles de France et fait le point sur l'actualité nationale et des territoires urbains.

Quel regard portez-vous sur la façon dont le gouvernement a géré la crise due au coronavirus ?

La crise n’est pas dernière nous. Il y a des éclaircies, mais le virus circule toujours. Notre pays doit encore vivre plusieurs mois dans ce contexte. Nous devons faire bloc. Le temps de l’analyse et des commentaires viendra mais nous n’en sommes pas là. L’heure est à la responsabilité partagée et à l’action. La seule chose que je dirais, c’est que la crise a démontré à quel point les collectivités locales sont nécessaires pour mettre en place des solutions. Regardez, sur les masques ou les tests, ce sont les collectivités locales et plus précisément les grandes villes et métropoles qui impulsent et mettent en œuvre.

« L’État doit s’appuyer sur nous s’il veut que les choses se concrétisent »

Vous avez reproché au gouvernement de ne pas suffisamment vous associer. Vous le dites encore aujourd’hui au sujet du plan de relance. Les maires de grandes villes ne sont-ils pas entendus ?

Dans un pays où 70 % de l’investissement public passe par les collectivités locales, en particulier les grandes villes et métropoles, il est indispensable que l’État nous mette autour de la table. Nous devons travailler main dans la main, notamment sur le plan de relance. Malheureusement, ce n’est pas le cas. On voit des intentions mais cela ne se traduit pas par des actes. Depuis les élections municipales, de nouvelles équipes ont été mises en place, prêtes à intervenir. Ce n’est pas le cas de tous les niveaux de collectivités. Certains vont achever leur cycle électoral. C’est pourquoi, l’État doit s’appuyer sur nous, s’il veut que les choses se concrétisent.

« Je demande au gouvernement s’il est prêt à ouvrir des négociations avec nous comme il l’a fait avec les régions »

La crise coûte cher aux collectivités locales. Les finances des grandes villes sont-elles menacées ?

Nous tirons la sonnette d’alarme. Pas pour nous-même mais pour l’intérêt du pays. Durant la crise, nous avons eu moins de recettes et, dans le même temps, nous avons fait face à de nouvelles dépenses afin de venir en aide aux plus fragiles ou soutenir les acteurs économiques. Les dépenses s’élèvent à ce jour à 2 milliards d’euros pour les grandes villes, soit un tiers de notre épargne. Cela met à mal notre capacité d’autofinancement. C’est moins d’argent pour construire des crèches, des équipements ou soutenir des projets. Chez mes collègues, l’inquiétude n’a jamais été aussi grande. C’est pourquoi, je demande au gouvernement s’il est prêt à ouvrir des négociations avec nous comme il l’a fait avec les régions.

Propos reccueillis par Sébastien Fournier/ Objectif Métropoles de France.