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Cohésion sociale et politique de la ville
Education

France urbaine et l’AdCF reçues par Jean-Michel Blanquer

20/03/2019
France urbaine représentée par Yvon Robert, maire de Rouen et l’AdCF représentée par son président Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy et président du Grand Annecy ont rencontré Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la jeunesse mercredi 13 mars 2019. L’occasion de revenir sur quatre dossiers d’actualité : le Pacte de Dijon, le dédoublement des classes de CP/CE1 en REP et REP+, les cités éducatives et les dispositions de la loi dite Ecole de la confiance.
Sensible à la démarche et aux attendus du Pacte de Dijon signé par le premier ministre en juillet dernier, le ministre a rappelé l’importance qu’il accordait aux enjeux éducatifs en milieu urbain et périurbain et a d’emblée proposé une alliance stratégique entre son ministère et France urbaine. Pour mémoire, l’AdCF et France urbaine ont souhaité, à travers le Pacte, que la refondation de la politique de la ville soit l’occasion de redéfinir les responsabilités des différents acteurs publics, au regard de leurs cœurs de compétences. En sus des enjeux de sécurité et de santé, c’est sur les questions d’éducation que l’Etat est particulièrement attendu par les communautés et métropoles, au regard de l’intensité des problématiques rencontrées dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV) et plus précisément dans les REP et REP+. La révision en cours des contrats de ville, dans le cadre de leur prolongation à 2022 doit pouvoir assurer une meilleure allocation/répartition des moyens de l’Education nationale, avec l’affectation des personnels les plus expérimentés et qualifiés dans les établissements sensibles.

Les échanges ont aussi permis d’évoquer les enjeux de la généralisation du dédoublement des classes de CP/CE1 en REP et REP +, sachant que la rentrée de septembre 2019 devrait voir la mesure se déployer à plein régime, avec plus de 300 000 élèves concernés. Devant les évaluations très positives de la mesure, le ministre a évoqué à demi-mot des projets d’extension de la mesure. Yvon Robert a appelé sur ce point à un dialogue renforcé avec les élus quant aux conditions d’un éventuel élargissement des dédoublements de classes, pour tenir compte des contraintes immobilières et foncières des écoles et communes et être en position de les anticiper.

Jean-Michel Blanquer s’est déclaré soucieux de traiter le cas des écoles orphelines, avec les effets de seuil connus. Il souhaiterait à l’avenir raisonner par objectifs, avec l’idée de rémunérer les sorties de géographie prioritaire - le rapport Azéma/Mathiot qui devrait sortir incessamment pourrait donner quelques pistes et recommandations à cet égard.

Concernant les cités éducatives, ce dispositif (issu du rapport Borloo) doit être l’occasion d’expérimenter de nouvelles approches et méthodologies, tenant compte des écosystèmes locaux. Les cités éducatives, dont la liste sera prochainement diffusée par les ministères de la ville et de l’éducation ont vocation à consacrer une  co-construction des politiques éducatives et une approche territorialisée, intégrant le continuum écoles-collèges au sein des parcours éducatifs, l’environnement péri et extra-scolaire et la mutualisation nécessaire des ressources pédagogiques. Le dispositif devrait  être un moyen de décloisonner les pratiques et élargir les prérogatives des principaux de collèges. Une soixantaine de sites est pressentie, avec une enveloppe de 30 000 euros environ par site retenu. Les crédits supplémentaires de l’Etat pourraient soutenir les interventions médico-sociales, tout en confortant le rôle de coordination des principaux.

Enfin, ont été abordées les incidences budgétaires pour les collectivités de la scolarisation généralisée à trois ans contenue dans la loi Ecole de la confiance et les compensations qui seraient apportées aux collectivités les plus impactées, afin d’en neutraliser le coût mais également les risques d’incorporation dans l’évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités engagées sur des objectifs contractualisés avec l’Etat, dans le cadre des contrats de Cahors. Le ministre s’est voulu rassurant en indiquant que seraient intégralement compensés et neutralisés les impacts budgétaires de cette disposition, dans la limite du différentiel (ou delta) entre la situation actuelle et la situation après généralisation de la scolarisation. Autrement dit, l’Etat s’est engagé à neutraliser tout surcoût de dépenses à la charge des collectivités : France urbaine va toutefois transmettre sur ce point précis un amendement ad hoc que le gouvernement pourrait faire adopter, lors de l’examen prochain du texte au Sénat.

A l’issue de la rencontre, le ministre a indiqué vouloir prolonger les échanges avec les deux associations à travers des rendez-vous à intervalles réguliers, pour faire des bilans d’étape des différentes mesures. Jean-Michel Blanquer a notamment insisté sur le développement des écoles des savoirs fondamentaux comme outil de rapprochement entre écoles et collèges, villes et départements, au service de consensus locaux.