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Forum Paris Zéro Carbone : les villes, territoires d'innovation et de solution pour accélerer la Transition écologique

14/12/2020

Plus de 50 maires de villes françaises et internationales ont participé au Forum Paris Zéro Carbone organisé par la Ville de Paris et La Tribune, en partenariat avec France urbaine.

Une cinquantaine de maires de villes françaises, européennes et internationales ont participé les 10 et 11 décembre au Forum Paris Zéro Carbone organisé par la Ville de Paris et La Tribune, en partenariat avec France urbaine. Des prix ont été remis à plusieurs collectivités urbaines pour des initiatives innovantes et exemplaires.

Les 10 et 11 décembre, une centaine de décideurs de haut niveau ont soufflé à distance les bougies du cinquième anniversaire de l’Accord de Paris pour le climat, lors d’un événement organisé par la Ville de Paris et le journal La Tribune, en partenariat avec France urbaine. Il réunissait les acteurs des villes du monde entier sur des sujets aussi variés que l'énergie, la mobilité, l'immobilier, le numérique, l'agriculture, la logistique… Engagés autour d'un objectif commun et de mesures actives pour atteindre la neutralité Carbone en 2050, élus, experts, économistes, climatologues et entreprises ont débattu des moyens d'y parvenir, moyens nécessairement impactés par la crise du Covid-19.
 
Les villes, terres de solution pour la Transition écologique

Lors de son discours d’ouverture, la présidente de France urbaine Johanna Rolland a rappelé que tous les maires et présidents réunis au sein de France urbaine « sont pleinement mobilisés pour la Transition écologique ». « Les villes sont aussi la solution » a-t-elle indiqué.
La présidente Johanna Rolland a également indiqué que « les leviers d’action sont dans nos villes, pour mettre en œuvre concrètement les ambitions des États. C’est une action qui doit être collective car c’est notre commun qui est en jeu. ». Le changement de modèle doit s'accompagner d'un changement d'échelle, si on veut tenir la trajectoire donnée lors de l’Accord de Paris.
 

Johanna Rolland, présidente de France urbaine, aux côtés de Jean-Christophe Tortora, Emmanuel Grégoire et Carlos Moreno, au Forum Paris Zéro Carbone, le 10 décembre 2020
 

Pour Christian Estrosi, Maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, « La Transition écologique s’appréhende dans une réflexion globale et des leviers qui sont spécifiques à chaque territoire pour un résultat efficace et concret. Les villes ont l’ingénierie et en sont les principales actrices. ». Quant à Jean-Luc Moudenc, 1er Vice-président de France urbaine, Maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, « L’Accord de Paris a permis une prise conscience large de l’urgence dans la société. Cela vient conforter nos actions dans nos villes prises depuis plusieurs années. »
 

Jean-Luc Moudenc et Christian Estrosi, au Forum Paris Zéro Carbone, le 10 décembre 2020


Cette action passe par ce que France urbaine prône depuis sa création : l’Alliance des territoires. Pour Célia Blauel, adjointe à la Maire de Paris, « Il faut tisser plus de liens entre l'urbain et le rural. Cette transformation, on n'y arrivera pas dans nos limites administratives ». Cette nécessité a également été rappelée par le co-président de la commission « Transition écologique » de France urbaine, Nicolas Mayer-Rossignol, Maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie.

La Maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole a aussi rappelé l’impérieuse nécessité que la Transition écologique soit aussi être au service de l’inclusion et de la lutte contre les inégalités. « Ne laissons personne sur le bord de la route. » a-t-elle confié. Pour France urbaine, la clé est dans l’action commune et concertée, en unissant les forces des réseaux de villes, de l’État, des entreprises, associations, citoyens... Pour Johanna Rolland, « Il faut aller collectivement plus vite, assumer des choix forts ».

 
Des actions concrètes, au service du climat

A titre d’’exemple, la Ville de Nice a presque atteint 25% et atteindra en 2025 33% d'énergie produite, par leurs seules ressources (hydroélectrique, solaire, filière bois...). « On a quelques atouts à Paris », a indiqué Dan Lert, adjoint à la Ville : « Notre réseau de chaud a dépassé les 50% d'ENR à travers notamment de la valorisation des déchets et notre réseau de froid est considéré à 100% ENR avec l'eau de la Seine et l'achat d'énergie renouvelable. » Il est indispensable de montrer que la neutralité a un bénéfice sur le pouvoir d'achat, pour la planète et un bénéfice citoyen. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, « Nous pouvons tous être acteur du changement ».

Une situation financière inquiétante

Si l’ambition est intacte et les projets en cours de réalisation, la pandémie de Covid-19 a saigné les budgets des collectivités urbaines. Emmanuel Grégoire, 1er adjoint d’Anne Hidalgo l’a rappelé : « La crise coûte très cher à nos villes et métropoles, qui ont été en première ligne pour protéger les Français et soutenir les acteurs locaux. Le Gouvernement doit répondre à l’urgence financière de nos territoires. »
La crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a en effet déjà coûté deux milliards d'euros aux grandes villes, grands agglomérations et métropoles françaises depuis le début de l'année 2020. Cette estimation, déterminée à partir des chiffres communiqués par plus de 70 collectivités adhérentes de l’association, représente un quart de l’épargne brute et 5% des recettes réelles de fonctionnement des membres de France urbaine. Depuis le début de la crise sanitaire, les élus urbains sont en première ligne et pleinement mobilisés pour apporter soutien et protection à leurs habitants ainsi qu’appui et accompagnement au tissu économique. Cette mobilisation n’est pas sans conséquences sur leurs équilibres financiers. Ils cumulent en effet de lourdes pertes de recettes fiscales et tarifaires, notamment celles liées aux transports publics, et doivent faire face à de nombreuses charges imprévues pour protéger les Français, appliquer les mesures d’urgence, endiguer l’épidémie, communiquer sur la situation et assurer la continuité des services publics de proximité, essentiels pour les Français. En parallèle, ils continuent de soutenir le système alimentaire sur les territoires, mettent en place de nombreuses aides financières et solidaires, pour venir en aide aux personnes les plus fragiles, âgées et isolées, mais aussi pour soutenir des acteurs et secteurs en grande difficulté, tels que les TPME, artisans, commerçants, clubs et associations sportives et culturelles.
 
Avec la Covid-19, le secteur du logement en pleine révolution

Plus que jamais et la crise sanitaire l’a amplifié, il y a une nécessité de repenser l’acte de construire aux bons endroits, en veillant à lutter contre l’étalement urbain et à densifier là où cela est possible, avec des trames vertes et bleues, gages de respiration et d’îlots de fraicheur dans des centres-villes encore trop minéraux. Il faut réaliser des logements abordables avec des extérieurs (balcons, terrasses), tout en travaillant les aménités de quartier (écoquartiers/écocités/ résidentialisation, végétalisation…). L’enjeu de la reconnexion à tous les sens du terme des quartiers populaires avec le reste de la ville est essentiel. Les dessertes en Transports collectifs en site propre (TCSP) existent dans la plupart des métropoles ; il reste à accompagner les populations vers une réelle appropriation du droit à la ville et une lutte redoublée contre la tentation du ghetto. Au-delà de la question sociale et de la nécessaire lutte contre les précarités, la perspective des bénéfices et avantages concrets de la transition écologique et énergétique pour tous est posée.
Pour Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims et co-présidente de la commission « Aménagement urbain, logement et habitat indigne : « Il y a un avant et un après Covid. L'arrivée du télétravail met en place la nécessité pour beaucoup d'avoir une pièce pour travailler chez soi. Il faut regarder comment intégrer cette évolution dans le logement. Reims a 42% de logements sociaux. L'un de nos sujets est de faire de la mixité à l'envers. Nous portons la réflexion notamment sur les tiers-lieux ou sur les logements pour familles recomposées. Enfin, l'une des questions qui survient avec les générations vieillissantes, c'est le maintien à domicile. D'un autre côté, les étudiants ont aussi des attentes qui évoluent avec une forte mobilité. L'hybridation devient essentielle. »
 
Des prix pour reconnaître les initiatives vertueuses

Ce forum fut aussi l’occasion de remettre huit récompenses marquant l'engagement des villes dans la transition écologique. "Plus de 600 dossiers ont été passés au peigne fin par les étudiants de la chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation de la Sorbonne", a indiqué Carlos Moreno, qui dirige cette chaire.
 

Christophe Béchu, reçoit le prix "Economie circulaire" au nom d'Angers Loire Métropole

Voici le palmarès :
  • Prix « Economie circulaire » : Angers Loire Métropole, pour son Contrat d'objectifs déchets et économie circulaire
  • Prix « Logement » : Métropole Rouen Normandie, pour son Programme local de l’Habitat 2020-2025
  • Prix « Numérique » : Ville de Toulouse, pour son projet « Toulouse Ville Numérique »
  • Prix « Energie » : Nantes Métropole, pour son projet « Symbiose »
  • Prix « Mobilité » : Métropole de Dijon pour son projet de production d’hydrogène pour une mobilité verte
  • Grand prix de l’initiative Ville moyenne : L’Agglomération de Roanne, pour son projet de méthaniseur
  • Grand prix de l’initiative du Grand Paris : Ville de Charenton-le-Pont pour son projet « Charenton-Bercy »
  • Grand prix de l’initiative de l’Année : Métropole de Dijon pour son projet de production d’hydrogène pour une mobilité verte
 
En ce cinquième anniversaire de l'accord de Paris sur le climat, les maires, qui étaient encore considérés en 2015 comme la société civile aux côtés des ONG et des entreprises, semblent les mieux placés pour réaliser la transition écologique et énergétique, devant les Etats. Ce sont les principaux enseignements à tirer du sondage réalisé par l’IFOP pour La Tribune, la Ville de Paris et France urbaine, et dévoilé le 10 décembre lors de l’événement.
 
Budget, plans et stratégies à l’international

Intervenant en ouverture de la journée dédiée à l’international, le 11 décembre, à la veille du cinquième anniversaire de l'Accord de Paris, la Maire de Paris Anne Hidalgo a réaffirmé sa détermination et celle des maires du monde entier à prendre toute leur place dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cinq ans après l'appel de Paris pour le climat, la détermination et le credo de la Maire de Paris Anne Hidalgo n'ont pas changé : « il y a cinq ans, nous avons, nous les maires, essayé de mettre un pied dans la porte des négociations sur le climat. Aujourd'hui, nous sommes toujours persuadés que c'est par l'action concrète à l'échelle locale qu'on peut réduire l'élévation des températures ».
 

Anne Hidalgo, au Forum Paris Zéro Carbone, le 11 décembre 2020
 

Avec l'Accord de Paris, la communauté internationale s’était fixé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation aux changements climatiques mais aussi d’alignement des flux financiers. "A Stockholm, notre budget carbone est calé sur les objectifs internationaux des Accords de Paris", compare Katarina Luhr, maire adjointe à l’environnement de la capitale suédoise. Le maire de Lisbonne Fernando Medina confie : "J’étais un jeune maire lors de la COP21, depuis nous avons pris les choses en main, créé un réseau cyclable qui fut utile durant le confinement et une stratégie solaire qui a nécessité un cadre juridique pour ne pas déparer avec trop de panneaux les monuments historiques". Pour Laurent Fabius, les gouvernements n'ont pas été à la hauteur de leurs engagements, pris en 2015 lors de l'accord de Paris, pour lutter contre le changement climatique. Selon lui, les villes doivent être pleinement associées à la détermination des objectifs climatiques qui seront pris lors de la COP26 à Glasgow.