Share
Education et petite enfance
Post-Covid-19

Education et petite-enfance : les premiers enjeux d’un déconfinement progressif

23/04/2020

Les annonces de réouverture des établissements scolaires et des crèches à partir du 11 mai doivent se réaliser dans les meilleures conditions sanitaires possibles.

Les annonces du chef de l’Etat d’une réouverture des établissements scolaires et des crèches à partir du 11 mai doivent se réaliser dans les meilleures conditions sanitaires possibles et ne doivent pas créer de « surenchère des inquiétudes ».

Pour un déconfinement progressif assumé et sécurisé

France urbaine a remis au gouvernement une note d’exigence et de recommandations en ces domaines et a invité le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, à sa réunion des maires, présidents, adjoints en charge de l’éducation ou de la petite enfance, le samedi 25 avril 2020.

Ces préconisations, travaillées avec tous les territoires et débattues lors des commissions "education-petite enfance" réunissant plus de 87 élus et directeurs reposent sur des principes simples. La réouverture doit avoir fait l’objet d’un accord préalable de l’autorité sanitaire dans chaque territoire, accompagné des exigences sanitaires, et communiqué quinze jours avant la réouverture : équipements, mesures barrières, protocole sanitaire pour les enfants malades, comportement des parents accompagnant leurs enfants …

L’école accueille les enfants en « temps scolaire », du ressort de l’Education nationale, France urbaine recommande des demi-effectifs, éventuellement par demi-journées, et souhaite que les choix d’enfants prioritaires soient définis à l’avance, nationalement mais en prenant en compte les spécificités locales.

L’enfant est également accueilli dans la journée sous la responsabilité de la commune lors des accueils périscolaires, de la pause méridienne ou de restauration. Il revient d’en fixer les modalités, afin de respecter les meilleures conditions d’accueil possibles. L’enjeu majeur porte sur la pause méridienne, où la collectivité pourra être amenée à définir un effectif maximum possible par école. Localement, en prenant en compte les capacités des locaux disponibles et des personnels d’animation, la collectivité pourra éventuellement étendre des accueils complémentaires au temps scolaire, sans toutefois être en capacité d’accueillir tous les enfants qui ne pourront pas être à l’école.

Une grande attention sera également portée aux transports scolaires

Les collectivités ordinairement très exigeantes pour ce qui concerne l’hygiène, avec des protocoles validés par les ARS, le seront plus encore, notamment dans les locaux sanitaires, pour les poignées de portes … L’attention portée aux crèches et aux Etablissements d'Accueil des Jeunes Enfants (EAJE) n’est pas moindre, avec toutefois des taux d’encadrement plus élevés et des personnels spécifiquement formés aux aspects sanitaires (infirmières puéricultrices …). Il revient aux collectivités d’arrêter des règles éventuelles relatives aux conditions d’accueil dans les crèches publiques, et d’être attentifs, avec les différentes tutelles aux crèches privées des territoires.

Un déconfinement scolaire progressif rend donc impératif que les employeurs maintiennent et recommandent pour leurs salariés le télétravail, les capacités d’absence pour garde d’enfants durant les semaines à venir et qui demeurent exceptionnelles du fait de la crise sanitaire.

Sur le plan financier, la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) devra impérativement financer les établissements en prenant en compte les effectifs réduits en cette période. France urbaine a la même attente concernant les accueils complémentaires des enfants plus âgés en accueil de loisir.

Il est important de ne pas oublier la situation d’enfants qui risquent de « décrocher » scolairement mais aussi pour lesquels la cantine est essentielle, les priorités sociales doivent guider tout autant que la santé, l’éducation ou la reprise économique, la responsabilité partagée est indispensable pour un déconfinement réussi.