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Sport
Post-Covid-19

Covid-19 : France urbaine appelle les fédérations, les ligues professionnelles et le ministère des Sports à se prononcer pour assurer la survie des clubs professionnels

09/04/2020

Dans un courrier adressé à Roxana Maracineanu, France urbaine appelle également les acteurs du sport à jouer pleinement le jeu de la concertation concernant la reprise des championnats.

France urbaine a organisé, le 2 avril dernier, une visioconférence dédiée aux enjeux sportifs en période de Covid-19. Les participants, élus et techniciens aux sports, ont échangé sur plusieurs sujets à l’instar du financement du sport amateur et professionnel ou encore du calendrier des compétitions sportives.
 
Financement du sport : des témoignages et des interrogations 
 
Le sport au même titre que la culture ou encore le tourisme est pleinement touché par la crise sanitaire et les mesures de confinement. Les grandes villes, agglomérations et métropoles, disposant d’un rôle central dans le financement et la structuration des politiques sportives, sont d’autant plus sollicitées dans ce contexte pour assurer la survie des clubs locaux. 
 
Concernant les subventions attribuées aux associations sportives, il n’existe pas de règle générale concernant le soutien aux associations locales, tant sportives que culturelles. Si certaines constantes ressortent, parmi lesquelles l’accélération des versements de subvention pour faciliter la gestion des besoins en trésorerie, ou encore l’accompagnement des clubs sportifs dans la mise en place des mesures économiques nécessaires à leurs équilibres budgétaires et au maintien de leur rôle social, le « cas par cas » prédomine. Clermont Auvergne Métropole a décidé de différencier les subventions liées au fonctionnement des clubs et celles dédiées aux événements, les premières étant maintenues, les secondes étudiées au cas par cas. Montpellier a anticipé les paiements jusqu’au mois de juin pour les associations (fonctionnement – avance en trésorerie), tandis que les subventions fléchées sur des événements qui n’ont pas lieu et n’ont pas été budgétairement votés sont naturellement plus complexes à verser.
 
Le positionnement des collectivités est et sera également variable pour les clubs de haut-niveau. S’agissant du paiement sans service fait, une liste de demandes a été envoyée à la Direction générale des finances publiques (DGFIP) portant sur la clarification et la sécurisation, par voie réglementaire, du paiement sans service fait avec éventuellement une mention renvoyant à l’Etat d’urgence sanitaire.
 
Clubs professionnels médiatisés : les collectivités locales n’ont pas à supporter l’ensemble des pertes de recettes 

Les récentes déclarations des principaux diffuseurs des championnats français (Canal + et Bein Sport) de ne pas honorer une partie des droits télévisés laissent présager un manque à gagner considérable pour les clubs professionnels médiatisés, de football (L1/L2) et de rugby (Top 14/Pro D2) principalement. Ce manque à gagner provenant des droits TV pourrait également se répercuter sur le monde amateur : une convention entre la Fédération Française de Football (FFF) et la Ligue de Football Professionnel (LFP) prévoit le basculement d’une part des droits d’exploitations visuelle vers le football amateur. Une perte estimée à 5 millions d’euros.

Dans un courrier adressé à la ministre des Sports Roxana Maracineanu, et dans le cadre de sollicitations auprès des ligues professionnelles et des fédérations, France urbaine estime qu’un plan de compensation pour assurer la survie des clubs professionnels doit être instauré, « en minimisant, autant que faire se peut, le concours financier des collectivités territoriales. A l’égale mesure du sport professionnel, le sport amateur doit également bénéficier d’une pleine et entière préoccupation ».

L’Association a également appelé les acteurs du sport à jouer pleinement le jeu de la concertation concernant la reprise des championnats : les discussions liées au calendrier nécessitent de prendre en compte les collectivités locales, propriétaires et gestionnaires d’un très grand nombre d’enceintes sportives, afin d’anticiper la remise en route des équipements.
 
L’anticipation est également nécessaire pour les travaux planifiés durant la période estivale, ainsi que sur les mises aux normes, via les cahiers des charges fédéraux). Une demande officielle sera rapidement transmise concernant le report de la mise aux normes des équipements sportifs. Une attention particulière sera également apportée aux clubs afin qu’ils ne soient pas pénalisés si les travaux prévus cet été sont retardés ou annulés, suite aux décisions des ligues concernées.