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Europe et international

Action internationale des villes : Quelles attentes et quelles orientations pour les mandats 2020-2026 ?

09/07/2020

France urbaine et l’INET préparent une étude qui dressera un état des lieux de l’action internationale des villes et agglomérations et identifiera les enjeux pour le mandat municipal à venir.

La crise sanitaire liée à l’épidémie de Coronavirus aura-t-elle des conséquences sur l’action internationale des grandes villes françaises ? Comment mieux accompagner ces dernières dans leurs stratégies à l’international ?  France urbaine et l’Institut National des Etudes Territoriales (INET) se sont associés pour conduire, jusqu’en décembre 2020, une étude sur l’action internationale des villes et leurs groupements. Menée en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), l’Agence française de Développement (AFD) et Cités-Unies France, cette étude s’attachera à dresser un état des lieux de l’action internationale des villes et des agglomérations et à en identifier les perspectives pour les mandats 2020-2026.

Une évolution constante de l’action internationale des grandes villes

D’abord perçu comme un outil de dialogue et de réconciliation entre les peuples d’Europe, l’action internationale des villes n’a cessé d’évoluer au cours du XXème siècle, couvrant désormais une multitude de domaines. Les villes françaises ont peu à peu mis en place leurs propres stratégies à l’international, couvrant désormais un spectre d’actions large : jumelages, solidarité, coopérations, urgence humanitaire, diplomatie économique et politiques de rayonnement. Autant de domaines qui nécessitent une bonne compréhension du contexte international dans lequel les villes interagissent et qui appellent à une vision renouvelée tenant compte de la donne internationale, de ses équilibres et de ses mutations permanentes.
 
Un contexte particulier qui interroge sur l’avenir de l’action internationale

Par son ampleur et sa vitesse de propagation, l’épidémie de Coronavirus, qui n’épargne aucun continent, est venue bouleverser un équilibre mondial déjà fragilisé par les grands défis contemporains que sont le changement climatique, les migrations, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, l’urbanisation ou encore l’explosion démographique. Une chose est sûre : la crise sanitaire mondiale aura des conséquences sociales et économiques dont il est encore difficile de mesurer l’ampleur mais qui aura inévitablement un impact sur l’ensemble des acteurs intervenant à l’international, et notamment les collectivités territoriales.

S’agit-il pour autant de tendances durables ? Va-t-on assister à des tentations de repli ou au contraire, assistera-t-on au renforcement ou à l’émergence de nouvelles formes de solidarité à l’international ? Les conséquences de la crise sanitaire, notamment en matière économique et sociale, influenceront-elles la manière dont les villes françaises s’engagent à l’international ? Les instruments de coopération mis en place par l’Etat et ses opérateurs doivent-ils évoluer pour mieux répondre à une donne internationale qui risque d’être bouleversée par les conséquences de l’épidémie ? Les villes devront-elles assumer demain un nouveau rôle sur la scène internationale ?

Suite aux élections municipales du 28 juin dernier, entraînant parfois le renouvellement de certains exécutifs, le moment est opportun pour étudier la façon dont la stratégie des relations internationales est abordée et quels sont les moyens alloués au travers des objectifs visés. 
 
Une étude sur l’action internationale des villes : quels enjeux ?

Plusieurs travaux ont certes été menés sur le sujet de l’action internationale des villes. Mais le positionnement, la vision et les attentes des élus, notamment des maires, adjoints ou vice-présidents délégués aux affaires internationales, demeurent peu documentés. S’il est encore tôt pour tirer des enseignements sur l’action internationale des villes dans un contexte de pandémie, France urbaine souhaite mener une réflexion approfondie afin d’évaluer dans quelle mesure la crise sanitaire modifie la manière dont les villes françaises perçoivent et s’engagent à l’international.
Le contexte de renouvellement des équipes municipales présente une opportunité pour une évolution du travail de France urbaine sur ces sujets : au-delà de la présente collaboration avec l’INET, il s’agira d’ajuster la stratégie de l’action internationale de France urbaine, en partant des besoins et des attentes des grandes villes françaises et de leurs élus. Cette étude comportera également des éléments de prospective afin d’anticiper le rôle que les villes seront en mesure de jouer dans un contexte international en recomposition.  
 
Quelle méthode et quels objectifs ?

En s’appuyant notamment sur une série d’entretiens et d’auditions auprès des membres de France urbaine ainsi que de l’ensemble des acteurs français de l’action internationale, cette étude permettra de :

  • Cartographier l’organisation existante des questions internationales en interne dans les grandes villes et les intercommunalités ;
  • Comprendre et identifier les évolutions du contexte international, notamment à l’aune de la crise ;
  • Évaluer les priorités d’action des villes françaises à l’international avant, pendant et après la crise sanitaire afin d’identifier soit des continuités, soit des infléchissements, voire des projets nouveaux pour l’avenir ;
  • Évaluer l’adéquation des outils d’accompagnements existants avec les besoins et les tendances qui se dessinent.

 

Une étude en écho à l’action internationale de France urbaine

Les quatre axes de travail de France urbaine sur l’action internationale des grandes villes sont :
  1. Implication auprès des instances du MEAE : participation aux comités de sélection des appels à projets, organisation d’événements à l’international, implication au sein de la Commission nationale de la coopération décentralisée
  2. Soutien à la coopération décentralisée (mise en relation avec des collectivités étrangères, missions d’expertise auprès d’associations nationales d’élus, participation aux assises de la coopération décentralisée)
  3. Valorisation de l’expertise urbaine française à l’international (Réalisation de publications qui présentent les expériences françaises, accueil de délégations étrangères, participation à des salons internationaux)
  4. Participation aux grandes conférences internationales liées à l’urbain (Sommet mondial des maires, Forum urbain mondial, Habitat III, Conférences pour le climat, sommet Afrique-France pour la ville durable)

 


En dressant un état des lieux des attentes et des perceptions de l’action internationale dans les grandes villes, cette étude sera à la disposition de l’ensemble des acteurs français de l’international. Ce faisant, elle permettrait à France urbaine et à ses partenaires d’adapter si nécessaire leurs stratégies à l’international.