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Cohésion sociale et politique de la ville

Accueil et intégration des réfugiés : la contractualisation avec l'Etat progresse dans les métropoles

24/10/2019

France urbaine a pu observer l’avancée des démarches de contractualisation dans les métropoles lors d'une réunion organisée par la Diair.

Invitée à participer à une réunion, le 17 octobre, au ministère de l’Intérieur, à l’initiative de la Délégation interministérielle à l’accueil et l’intégration des réfugiés (Diair), France urbaine a pu observer l’avancée des démarches de contractualisation dans les métropoles.

A ce jour, ce sont dix métropoles (Clermont-Ferrand, Nancy, Strasbourg, Dijon, Lyon, Grenoble, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Brest) qui sont engagées dans le processus de contractualisation avec l’Etat, sachant que cinq autres (Lille, Rennes, Metz, Montpellier et Besançon) sont en train d’élaborer des projets en ce sens. Les villes de Montreuil et de Paris seraient, de leur côté, en pourparlers avec le préfet Alain Régnier, délégué interministériel à l’accueil et l’intégration des réfugiés.

Un foisonnement d’actions et d’initiatives

Il est à noter que cette contractualisation s’accompagne d’un soutien financier des collectivités à hauteur de 300 000 euros par métropole, sur trois ans. Cet accompagnement a vocation à permettre aux métropoles d’identifier de nouvelles actions pour l’intégration des personnes réfugiées. Déjà 60 nouveaux projets ont été déployés, étant entendu que des postes de chefs de projet intégration ont été créés dans les métropoles.

La nature des projets varie d’un site à l’autre : formations linguistiques, accès aux droits, accès aux soins, accès au logement, promotion de la diversité culturelle et travail sur le narratif de la migration sont autant d’initiatives prises sur le terrain, au plus près des besoins des personnes et des familles.

Valoriser les bonnes pratiques de partenariat avec les acteurs publics et privés

Cette réunion a été l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques et de faire valoir les partenariats existants entre les collectivités et l’Etat, en l’espèce les directions départementales de la cohésion sociale (DDCS). A Nancy et Nantes par exemple, les bailleurs sociaux sont particulièrement mobilisés pour trouver des solutions d’hébergement aux réfugiés.
Le parc privé est également mobilisé avec les dispositifs d’intermédiation locative, notamment à Toulouse dans le cadre du Logement d’abord. L’axe santé est particulièrement investi à Grenoble (avec un volet santé mentale), alors que Nantes métropole a noué un partenariat avec son université. Les entreprises sont aussi partie prenante, avec 200 000 emplois non pourvus dans des secteurs où les personnes réfugiées recherchent un travail.

Un site internet est en préparation, avec la collaboration des services de France urbaine, pour mieux connaître et faire connaître la diversité de ces projets. Le volet communication et outils numériques pertinents ont, en effet, un rôle important à jouer pour une bonne appropriation des objectifs par chacun.

France urbaine réunira son groupe projet ad hoc le 12 décembre

Il a été toutefois pointé le grand nombre de dispositifs existants en faveur des réfugiés au risque de la concurrence et du défaut d’identification et de lisibilité par les personnes et familles concernées. Le projet de loi de finances 2020 prévoit l’an prochain une enveloppe d’un million d’euros supplémentaires en faveur de la Diair, pour l’animation territoriale du réseau.
A retenir dans l’agenda : la prochaine réunion du groupe projet migrants de France urbaine se réunira le 12 décembre à partir de 14h30. A l’ordre du jour, entre autres : une nouvelle répartition des compétences à envisager sur ce dossier demain entre les grandes villes et métropoles et l’Etat.
 

Dans la suite de la réunion organisée, lundi 14 octobre place Beauvau, par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner et le ministre du Logement et de la Ville, Julien Denormandie sur les conditions d’accueil des migrants dans les villes et métropoles, France urbaine et l’AMF ont fait paraître un communiqué de presse commun le 23 octobre 2019. Le communiqué rappelle les demandes des élus pour une répartition territoriale équilibrée des demandeurs d’asile et des réfugiés et la nécessaire neutralisation des dépenses engagées par les collectivités, dans le cadre des contrats dits de Cahors.