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Solidarités

Accompagnement des jeunes et des « invisibles », réflexion sur le grand-âge : les priorités sont fixées

19/11/2020

La commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » de France urbaine s’est réunie le 13 novembre 2020 pour sa séance inaugurale.

Sous la co-présidence de Mathieu Klein, Maire de Nancy, président de la Métropole du Grand Nancy, et de Florence Thibaudeau-Rainot, adjointe au Maire du Havre en charge des affaires sociales et de la solidarité, la première commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » de France urbaine, pour le mandat 2020-2026, s’est réunie le 13 novembre 2020 pour sa séance inaugurale.
 
Dans le prolongement des travaux engagés par France urbaine en septembre 2019 dans le cadre de son groupe de travail « Insertion et emploi », et à la suite des réunions hebdomadaires « Solidarités et Covid-19 » initiées dès le premier confinement pour partager les réponses solidaires à la crise (lutte contre la précarité, soutien aux personnes vulnérables, intergénérationnel, logement, solidarité alimentaire, établissements sociaux et médico-sociaux…) et les difficultés rencontrées, cette commission vise à concrétiser une approche transversale des sujets de solidarité qui croisent au quotidien les politiques publiques des territoires urbains. Comme l’a rappelé Mathieu Klein, « si les territoires urbains sont le catalyseur des inégalités, ils sont aussi les producteurs de solutions ». Et ce dans un contexte profondément modifié par la crise, avec, comme l’a souligné Florence Thibaudeau-Rainot, « l’apparition de nouveaux publics précaires et isolés différents des publics traditionnels » qui réinterroge profondément les modalités d’accompagnement social.
 
La commission a ainsi pu partager quatre constats :
 

  1. La crise a agi comme un révélateur et un accélérateur de difficultés, que ce soit dans le domaine du grand âge et de la territorialisation des inégalités : les quartiers populaires ont été particulièrement touchés par le virus. Dans la perspective du déconfinement, Mathieu Klein a rappelé la nécessité d’une réelle co-construction du second déconfinement avec les territoires. En matière de dépistage, il serait nécessaire pour les territoires de cibler les publics fragiles.
  2. La crise sanitaire a fragilisé le Pacte républicain : au-delà des séniors, les jeunes sont particulièrement touchés par la crise sanitaire, du fait du décrochage scolaire et du sentiment d’être pointés du doigt dans la propagation du virus. Comment les accompagner aujourd’hui ?
  3. Le RSA est un filet de sécurité indispensable contre la grande pauvreté mais il ne parvient plus à endiguer la précarité qui s’enkyste, notamment chez les plus jeunes : il semble nécessaire de travailler sur la grande pauvreté des jeunes moins de 25 ans, en lien avec les départements, et d’être en capacité de formuler des propositions opérationnelles.
  4. La crise sanitaire a accentué le phénomène de pauvreté : non seulement celle-ci s’accroît, mais de nouvelles personnes, avec de nouveaux profils, entrent dans la pauvreté et connaissent un déclassement qui pose la question de l’adaptation de l’accompagnement social pour ces nouvelles populations.

 
Après de riches échanges et retours d’expérience de la part des élus sur la manière dont ils gèrent la crise sanitaire et ses conséquences, les axes de travail suivants ont été plus spécifiquement identifiés :
 

  • Repérer et accompagner les « invisibles » : la crise rend d’autant plus urgent ce chantier, qui nécessite un travail important en matière de repérage, d’identification et de construction de parcours d’accès aux droits simplifiés ;
  • Accompagner les jeunes : l’enjeu est de travailler sur la question de l’accompagnement des jeunes et de relancer la réflexion avec les départements sur le « filet de sécurité » et leur protection économique  des jeunes ;
  • Renforcer la collaboration avec les élus chargés de la lutte contre la précarité : la crise sanitaire a montré le caractère stratégique de la lutte contre la précarité alimentaire, que ce soit en matière de tarification, d’accès à l’alimentation, d’accès aux aliments et aux ingrédients, d'économie circulaire… Sur ce point, la commission a acté la nécessité de travailler en étroite synergie avec les commissions « Stratégies alimentaires territoriales » et « Economie circulaire et ESS » de France urbaine, qui abordent également ces enjeux.
  • Mener une réflexion sur le grand-âge : les collectivités membres de France urbaine vont s’impliquer dans une réflexion commune sur la problématique du grand âge, des solidarités intergénérationnelles et du service public de l’insertion.

Autant d’axes de travail qui permettront d’alimenter un cycle de travail ambitieux au service des territoires et de leurs habitants.