La Conférence des Villes
Act'Urbaines
20 septembre 2018

18e Conférence des Villes : « Les nouvelles responsabilités sociales des territoires urbains»

C’est sur les thèmes du logement, de la politique de la ville, de la santé et de la lutte contre la pauvreté et de l’accueil des migrants que se sont organisés et articulés les débats de la première table ronde de la Conférence des Villes, à l’Hôtel de ville de Paris, ce mercredi 19 septembre. Après une introduction de Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités qui a opportunément rappelé que les deux tiers des plus pauvres de nos concitoyens vivaient dans les grandes villes, loin des clichés véhiculés ici et là, les échanges se sont concentrés sur les enjeux d’habitat et de cohésion sociale et urbaine.

Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole a insisté sur la nécessité d’une approche aussi transverse que possible sur ces dossiers, intégrant le logement, les mobilités mais aussi la sécurité, l’éducation, la culture, sans oublier la santé qui est souvent, selon elle, un « impensé » des politiques urbaines.

Nombre de participants à cette table ronde ont plaidé pour des territoires de projet, avec un Etat-stratège et facilitateur. Les fondements du Pacte de Dijon ont été rappelés et salués, Johanna Rolland précisant que le dit Pacte avait eu l’avantage de simplifier et clarifier les responsabilités respectives de l’Etat et des collectivités locales, concernant les politiques de cohésion sociale et territoriale.

En matière de lutte contre les pauvretés et après la récente présentation d’un plan ad hoc par le Président de la République, plusieurs intervenants ont salué la démarche de prévention et d’accompagnement retenu, loin des logiques de guichet, tout en attendant que les engagements financiers annoncés se confirment. La contractualisation proposée par l’Etat dans ce domaine a reçu un accueil bienveillant, alors que neuf territoires devraient être prochainement désignés comme sites-démonstrateurs, dont Toulouse.

Comme sus-indiqué, les questions de santé et d’accès aux soins ont été largement discutées, alors qu’un plan de transformation du système de santé a été récemment présenté par le Président de la République. Stéphane Le Foll, maire du Mans et président de la communauté urbaine du Mans en a notamment appelé à des Assises nationales et locales de la santé, en soulignant l’importance des liens sport/santé et d’une lutte redoublée contre les déserts médicaux et les opportunités qu’offre, par ailleurs, la télémédecine.

Enjeu d’égalité républicaine, la santé doit être, selon André Rossinot, président de la métropole du Grand Nancy et secrétaire général de France urbaine au cœur des nouvelles solidarités territoriales, avec de réelles différenciations des politiques publiques. Les modalités de fonctionnement des agences régionales de santé (ARS) ont été à nouveau pointées, André Rossinot dénonçant le « carcan et l’entre-soi » des ARS, avec l’impératif d’une révolution territoriale dans le secteur. Au passage, il a été précisé que seuls 30% du territoire étaient couverts à ce jour par un contrat local de santé (CLS), alors que la ministre Agnès Buzyn s’était engagée à en promouvoir, il y a un an, l’élargissement et la généralisation.

François Arnault, délégué général aux relations internes au Conseil national de l’Ordre des médecins a abondé en ce sens, en indiquant que l’Ordre était prêt à s’engager, au nom de ses adhérents, sur une « responsabilité de territoire, une responsabilité populationnelle, au service d’une véritable démocratie sanitaire ».

Enfin, Roland Ries, maire de Strasbourg s’est longuement exprimé sur la problématique des conditions d’accueil des migrants, alors que plusieurs maires de grandes villes ont fait paraître une tribune fin décembre, dans les colonnes du journal Le Monde, interpellant l’Etat sur ses responsabilités. Faute d’une coordination européenne structurée et efficace, la situation ne s’est pas améliorée depuis, loin s’en faut. De Nantes à Strasbourg, les collectivités se retrouvent démunies, avec beaucoup d’improvisation et de tergiversations constatées des services de l’Etat. Johanna Rolland a parlé à ce sujet d’une problématique structurelle qu’il convenait de prendre à bras le corps, en assumant ses responsabilités, sans faire montre pour autant de naïveté. Un chiffre rappelé par la maire de Nantes donne la mesure des efforts consentis par la collectivité : c’est plus d’un million d’euros qui sont mobilisés chaque année par la ville de Nantes, pour faire face sur le terrain aux besoins des personnes et familles migrantes et/ou réfugiées.

Contact : Emmanuel Heyraud

Date: 
Jeudi, 20 septembre, 2018